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Médecins : faut-il en finir avec le numerus clausus ?

Le sort du numerus clausus devrait être débattu en fin de semaine à l'Elysée. Le nombre de places ouvertes au concours de fin de première année commune aux études de santé (Paces) pourrait être augmenté.

"Le numerus clausus n'est qu'un instrument qui empêche les jeunes Français de faire médecine en France." La remarque émane d'Olivier Véran, député LREM de l'Isère et par ailleurs neurologue au CHU de Grenoble. S'il fustige ainsi le numerus clausus, qui fixe annuellement le nombre de places ouvertes au "concours de fin de première année commune aux études de santé (Paces)", écrit Le Figaro, c'est parce que, selon lui, ce quota "écarte précocement des étudiants brillants" des rangs de nos universités de médecine.

Pour 2018, rappelle le quotidien, le numerus clausus a été fixé à 8.205 places au concours en médecine. Or, près de 60.000 étudiants sont inscrits en Paces. "De fait, déplore le quotidien, avec un taux d'échec qui atteint 80% en première année, on ne compte plus le nombre d'étudiants recalés au concours qui partent, moyennant finances, faire leur médecine en Roumanie, en Belgique ou en Croatie". Et tout cela, alors que l'accès aux soins est de plus en plus difficile pour certains habitants de notre territoire, en particulier dans les déserts médicaux.

Pour Olivier Véran, il s'agit-là d'"un vrai gâchis, sans compter que le numerus clausus pousse à recruter des étrangers, ce qui dépeuple des pays de leurs médecins".

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait assuré vouloir "en finir avec le numerus clausus, qui est à la fois inefficace et injuste". "Chaque année, avait ajouté le candidat, des milliers de vocations sont ainsi brisées et, parfois, pour quelques QCM. Je mettrai donc un terme à ce dispositif périmé".

D'ici à la fin de cette semaine, croit savoir Le Figaro, une réunion sur l'avenir du numerus clausus devrait se tenir à l'Elysée. D'ores et déjà, le ministère de la Santé indique que l'augmentation du nombre de places ouvertes au concours de Paces ne paraît pas être la "solution à un problème immédiat".

En effet, confie un proche d'Agnès Buzyn, "ouvrir le numerus clausus ne produirait des médecins que dans dix ans minimum, le temps de les former". Sans compter qu'il faudra se doter de places dans les universités, celles-ci étant actuellement surchargées, mais aussi augmenter les possibilités de stages dans les hôpitaux, les cabinets libéraux et les cliniques.

Pour régler la question des déserts médicaux, observe la même source, mieux vaudrait donc réviser la façon d'exercer la médecine. Actuellement, en effet, la France n'a jamais autant compté de praticiens : 290.000 sont inscrits à l'Ordre des médecins, mais ils sont mal répartis sur le territoire.

Dans l'immédiat, Olivier Véran prévoit de "déposer une proposition de loi afin de faire du numerus clausus un plancher et non plus un plafond", termine Le Figaro. Une façon pour lui d'"inverser la logique et transformer ce seuil en minimum plutôt qu'en limite".

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)