Manuel Valls décroche une petite confiance

Hier, par 269 voix de députés contre 244, le Premier ministre Manuel Valls a recueilli la confiance de l'Assemblée nationale. Depuis son premier discours de politique générale dans l'hémicycle, le 8 avril, le chef du gouvernement a vu ses soutiens à gauche "fondre dangereusement", remarque Le Figaro (pages 2 et 3), soit 37 voix de perdues entre les deux votes. Ces députés "frondeurs" ne se reconnaissent pas dans la politique menée par le Premier ministre et le lui font savoir.

C'est sans doute à leur intention que Manuel Valls a intitulé son discours d'hier "Le courage de gouverner, le courage de réformer". Une intervention qui se voulait marquée à gauche, soulignent Les Echos (pages 2 et 3), et pour laquelle, pendant quarante minutes, le Premier ministre n'a pas "ménagé sa peine pour convaincre les élus de la majorité". Au final, écrit Le Figaro, "il n'a pas fait mouche, ni dans les rangs des frondeurs ni parmi certains de ses soutiens, qui critiquaient mardi la forme comme le fond".

Pourtant, Manuel Valls n'a pas caché ce que lui inspiraient les propositions récentes du président du Medef, Pierre Gattaz. "Réformer, ce n'est pas réduire le Smic. Réformer, ce n'est pas supprimer le CDI. Réformer, ce n'est pas diminuer les salaires dans la Fonction publique. Réformer, ce n'est pas casser notre modèle social", a-t-il martelé en excluant toute remise en cause des 35 heures, rapportent Les Echos.

En revanche, poursuit La Croix (page 8), le chef du gouvernement a maintenu son intention d'engager une réforme des seuils sociaux et d'ouvrir les magasins "le dimanche et en soirée dans les zones touristiques". Du côté des annonces sociales, ajoute le quotidien, "Manuel Valls n'avait évidemment pas de nouveautés fracassantes à présenter".

Il a confirmé la revalorisation du minimum vieillesse à 800 euros, contre 792 euros actuellement, "une mesure déjà prévue à laquelle il a ajouté une prime exceptionnelle pour les retraités qui touchent moins de 1.200 euros par mois", écrit La Croix, prime d'un montant forfaitaire de 40 euros.

Par ailleurs, poursuit Libération (page 11), un nouveau dispositif devrait voir le jour dans la prochaine loi de Finances : "Six millions de ménages se verront accorder une baisse de leur impôt sur le revenu d'ici fin 2015." En outre, Manuel Valls a annoncé la sortie de l'impôt d'un million de ménages supplémentaires en 2015.

Néanmoins, termine Le Figaro, le premier ministre a réaffirmé que la France s'engageait à "maîtriser les dépenses publiques" et à faire les 50 milliards d'euros d'économies d'ici à 2017.

 

Sécu : pas d'équilibre des comptes en 2017

Dans son rapport annuel sur l'application des lois de financement de la Sécurité sociale, qu'elle présente au­jourd'hui, la Cour des comptes ne mé­nage pas ses critiques vis-à-vis des démarches entreprises par le gouvernement pour un retour à l'équilibre des comptes de la Sécurité sociale en 2017.

La Cour note par exemple qu'en 2013 l'effort a été insuffisant pour renflouer le trou de la Sécu, même si 3,1 milliards d'euros ont été comblés par rapport à 2012. "Ce qui représente un effort de moins de 1% sur les 330 milliards de dépenses", rapporte Le Figaro (page 20). De surcroît, remarque le document, "les déficits de plusieurs branches se sont creusés", et cela en dépit des 3,3 milliards d'euros d'augmentations de charges sociales.

Désormais, le déficit de l'ensemble des régimes de la Sécurité sociale s'établit à 16 milliards d'euros. Avec 174 milliards d'euros, les dépenses d'assurance maladie restent le principal poste de coûts, mais celles-ci semblent sous contrôle "puisque les économies ont de nouveau été supérieures à l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam)", rapportent Les Echos (page 4). En effet, les dépenses n'ont progressé "que" de 3,2 milliards d'euros alors que l'Ondam était fixé à 4,6 milliards.

Pourtant, estime la Cour, "la trajectoire votée pour 2014 (loi de financement rectificative du 8 août 2014) apparaît d'ores et déjà compromise du fait de l'évolution du contexte macroéconomique au cours de l'été. Le scénario d'un retour à l'équilibre en 2017 est des plus incertains : il supposerait un doublement du rythme de réduction du déficit dans les trois ans qui viennent, alors même que les hypothèses de croissance et d'inflation sur lesquelles elle repose sont remises en question", explique-t-elle.

Frédéric Lavignette

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