Manuel Valls annonce une grande conférence de la santé

"Marisol Touraine m'a proposé d'organiser une grande conférence de la santé pour tracer des pistes sur l'avenir de notre système de santé et se donner un calendrier", a déclaré hier le Premier ministre, à l'occasion d'une visite en compagnie de la ministre de la Santé dans un centre médical du 10e arrondissement de Paris, rapportent Les Echos (page 3). "Le projet de loi de santé n'a pas vocation à régler toutes les questions abordées lors des concertations de ces derniers mois", a ajouté Manuel Valls.

Sans donner de date, le chef du gouvernement a précisé que "des personnalités reconnues du monde médical" allaient préparer cette conférence autour de "deux questions centrales" : "l'avenir du métier médical" et celui "du mode d'exercice", note La Croix (page 10). "Les aspirations des jeunes (...) ont changé. On a toujours l'image du médecin seul dans son cabinet de ville, dorénavant c'est l'exercice en commun qui va prévaloir", a-t-il estimé.

De son côté Marisol Touraine a réaf­firmé lundi que la généralisation du tiers payant aurait bien lieu d'ici à 2017, au grand dam des syndicats de médecins qui défileront dimanche à Paris. Cette manifestation a reçu le soutien du Conseil de l'Ordre des médecins, soulignent Les Echos (page 3). Cette organisation se plaint notamment de n'avoir pas été consultée sur les amendements qui seront débattus par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée.

"Cela signifie qu'un nouveau texte sera rédigé sans que nous puissions intervenir, alors qu'il eût été préférable qu'il s'agisse d'un travail collectif (...)", re­grette Patrick Bouet, président de l'Ordre des médecins. C'est pourquoi, il demande un report du passage du texte devant le Parlement "d'au moins quatre ou six mois".

L'Ordre estime que la "vision administrative" va perdurer si des représentants des professionnels de santé et des usagers ne siègent pas dans la gouvernance des agences régionales de santé (ARS). "Comme cette proposition n'a pas été introduite, il n'existe aucune garantie que les initiatives des équipes de soins seront avalisées par l'ARS. Le lien entre la ville et l'hôpital ne se fera pas", prévoit Patrick Bouet.

Mais l'Ordre ne rejette pas en bloc le texte gouvernemental puisque son président "salue notamment l'accent mis sur le médecin traitant, le virage ambulatoire et, surtout, la volonté d'organiser les soins sur le territoire à partir des professionnels de santé", notent Les Echos.

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Le projet de loi sur l'adaptation de la société au vieillissement sera débattu au Sénat à partir de mardi prochain. "A l'origine, ce devait être un premier pas pour une grande réforme de la dépendance, comme promis par le candidat Hollande", rappelle le supplément du Monde Argent & placements (pages 1 à 7), consacré aux enjeux de la perte d'autonomie.

Ce projet de loi comprenait à l'origine une réforme du financement des maisons de retraite ? "Il est illusoire de penser que nous pouvons mener cette réforme, qui nécessiterait de 2 milliards à 4 milliards d'euros par an", répond, dans le cahier spécial du Monde (page 5), Laurence Rossignol, secrétaire d'Etat chargée des Personnes âgées. "La solidarité nationale ne peut pas tout, estime-t-elle. Il n'est pas illogique que les Français qui disposent d'un patrimoine en utilisent une partie pour financer leurs vieux jours." Laurence Rossignol a tout de même lancé des groupes de travail pour tenter d'apporter plus de transparence dans la politique tarifaire des maisons de retraites.

Par ailleurs, "les produits d'assurance dépendance proposés par les compagnies sont décevants, tant les conditions pour bénéficier de leurs prestations sont drastiques", juge le supplément Argent & placements du Monde (page 7). Autre sujet abordé par le quotidien : la reconnaissance du rôle des aidants dans le soutien à leurs proches dépendants. "Tout n'est pas de la responsabilité de l'Etat, estime la secrétaire d'Etat. Les entreprises aussi doivent évoluer et intégrer que certains de leurs salariés sont aussi des aidants. Les jours consacrés aux enfants malades pourraient très bien prendre en compte les aidants. On peut aussi imaginer qu'ils bénéficient d'une flexibilité de leurs horaires." Laurence Rossignol renvoie ces questions à la négociation entre les partenaires sociaux au sein des entreprises.

John Sutton

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