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Manuel Valls : à la recherche de la confiance

Deuxième temps fort aujourd'hui pour le quinquennat de François Hollande. Son nouveau Premier ministre, Manuel Valls, prononcera à 15 heures son discours de politique générale devant les députés, lesquels lui accorderont ou non leur confiance par un vote dans la soirée.

"L'enjeu est de taille", écrit Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 à 3), car l'hôte de Matignon doit tout à la fois séduire les Français, mais aussi les parlementaires de son propre camp "qui le regardent parfois comme un Sarkozy de gauche". En même temps, observent Les Echos (pages 2 et 3), le chef du gouvernement devra "rassurer la Commission européenne, ouvertement inquiète de la dérive du déficit public et de la capacité de Paris à tenir ses engagements budgétaires".

Selon Libération (pages 2 à 5), cette confiance pourrait facilement être acquise puisque "avec 291 députés sur 577, le groupe PS à l'Assemblée natio­nale possède à lui seul la majorité absolue. Il peut également compter sur le soutien des 17 députés radicaux de gauche (PRG) et, moins mécaniquement, sur celui d'une partie des 17 députés écologistes (EE-LV)".

Mais tout cela dépendra évidemment du contenu de son discours. Manuel Valls est particulièrement attendu "sur la baisse du coût du travail, au travers du pacte de responsabilité, et sur le détail des 50 milliards d'euros d'économies promises dans les dépenses publiques", écrit L'Opinion (pages 1 à 2). Pour atteindre ce montant, les collectivités locales, l'Etat et la Sécurité sociale seraient sollicités.

Dans cet objectif, le gel du point d'indice des fonctionnaires risque, par exemple, d'être prolongé, remarque L'Humanité (pages 4 à 6). Et les 60 000 embauches promises dans l'Education nationale sur cinq ans pourraient être réévaluées à la baisse. En matière de protection sociale, certaines allocations familiales seraient sacrifiées, ajoute le quotidien dont la maquette a été rénovée.
Dans le domaine de la santé, les hôpitaux pourraient être impactés et l'usage des médicaments génériques favorisé. Au final, 23 milliards d'euros d'économies porteraient sur la santé, la famille et les retraites, soit la moitié du plan global d'économies.

 

La colère monte chez les fonctionnaires

Réduction des dépenses oblige, le prolongement du gel du point d'indice des fonctionnaires pourrait permettre de dégager 1,2 milliard d'euros d'économies. "Les 5 millions d'agents (Fonction publique d'Etat, territoriale et hospitalière), dont les salaires sont gelés depuis 2010", vont ainsi devoir participer en­core à l'effort national, indique Le Pari­sien/ Aujourd'hui (page 4).

Déjà, explique le quotidien, ces derniers ont "déjà fait une cure minceur à 200 millions d'euros sur la masse sala­riale" en 2013. Ce n'est donc pas terminé, d'autant qu'une autre piste d'économies serait à l'étude : le gel des primes et des avancements.

De fait, les syndicats commencent à s'irriter, à l'image de Brigitte Jumel, représentante de la Fonction publique à la CFDT. "Les agents de l'Etat ont perdu entre 0,1% et 0,2% de pouvoir d'achat sur un an, explique-t-elle, ceux de la territoriale 0,8% et ceux de l'hospitalière 0,6%. Quatre année de gel, ça suffit, la cinquième serait celle de trop."

Alors que les derniers arbitrages sont dans les mains de l'exécutif, tous les partenaires sociaux, "FO en passant par la CGT ou la FSU, tous mettent en garde le gouvernement, qui prend un gros risque vis-à-vis d'un corps électoral traditionnellement favorable à la gauche".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)