croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

L’Ordre des médecins veut rationaliser les territoires

L'Ordre des médecins a publié hier un "Livre blanc pour la santé" où il expose, selon les termes du Figaro (page 22), "sa réforme rêvée du système de soins". Ce document est le résultat de la consultation de 35.000 praticiens menée pendant plusieurs mois dans toute la France. Ainsi, grâce à tous les commentaires recueillis, explique le quotidien, la profession est en mesure de poser "les bases d'une réforme ambitieuse". En d'autres termes, enchaînent Les Echos (page 5), il s'agit d'un "programme clés en main pour les candidats à la présidentielle de 2017".

L'objectif essentiel, résume Le Figaro, consiste à remplacer le "mille-feuille" administratif par un unique "bassin de proximité". Car aujourd'hui, relève Patrick Romestaing, en charge de la santé publique à l'Ordre, "coexistent les communautés de territoire qui mettent en réseau certains médecins, les groupements hospitaliers de territoire instaurés par la loi santé de Marisol Touraine et qui laissent de côté les libéraux, les schémas des permanences de soins pour les gardes de nuit et les urgences. Pire, ces structures ne communiquent pas entre elles."

Parmi les pistes de changement avancées, l'Ordre des médecins suggère notamment de revoir le "cursus de la formation médicale", indiquent Les Echos. Un thème justement à l'ordre du jour de la "grande conférence de santé", qui doit se tenir le 11 février à l'initiative du Premier ministre. L'instance propose par exemple de "rapprocher les étudiants des lieux où l'on manque de médecins, sachant qu'on s'installe souvent là où on a étudié. Cela passe par une régionalisation du numerus clausus, le premier couperet que rencontrent les jeunes, à la fin de la première année."

L'Ordre des médecins propose de "rapprocher les étudiants des lieux où l'on manque de médecins, sachant qu'on s'installe souvent là où on a étudié.

Toujours pour lutter contre la désertification médicale des territoires, une autre adaptation locale est proposée, celle de l'examen classant national (ECN). Comme le rappelle Le Figaro, "cette épreuve permet aux étudiants, en fonction de leur rang de sortie, de faire leur choix de spécialité après la cinquième année." En régionalisant l'épreuve, estime l'instance ordinale, on pourrait "former les médecins dont les territoires ont besoin, plutôt que les internes dont ont besoin les centres hospitaliers".

"Tout cela est bien gentil, critique dans Les Echos Claude Leicher, le président du syndicat MG France, mais les inégalités d'accès aux soins existent à l'échelle infrarégionale". "On raisonne encore sur l'idée qu'il faut cibler des zones désertiques, alors que toute la France se désertifie, des villes moyennes aux couronnes périurbaines !"

Pour les étudiants mis en échec dès la première année, ajoute le quotidien économique, le Livre blanc suggère l'idée d'une "voie de sortie" vers des professions qui ne disposent pas de filière universitaire, comme par exemple les sages-femmes, kinésithérapeutes, manipulateurs en radiologie. Une autre piste consisterait à "ouvrir des passerelles avant la fin de la première année vers d'autres cursus" par forcément en lien avec la médecine.

A lire aussi – Création de l'Agence nationale de santé publique

Un nouvel organisme de santé est sur le point d'entrer en fonction: l'Agence nationale de santé publique, autrement dit l'ANSP. Ses missions, indiquent Les Echos (page 5): "La veille et l'alerte sanitaires; la prévention, l'éducation et la promotion de la santé; la préparation et la réponse aux menaces et crises sanitaires."

Dès le mois d'avril, l'ANSP va regrouper l'Institut de veille sanitaire (InVS), l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) et l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus). L'ordonnance et le décret validant la création de ce nouvel établissement public, placé sous la tutelle du ministère de la Santé, sont en cours de publication. D'ailleurs, son nom pourrait éventuellement être simplifié en "Santé publique France".

Mais attention, préviennent Les Echos, "il ne s'agit pas uniquement de surveiller et de cantonner la traditionnelle épidémie saisonnière de grippe, les maladies nosocomiales ou l'antibiorésistance. L'ANSP pourrait être amenée à jouer un rôle clef dans la politique vaccinale, pour accélérer la mise sur le marché des traitements."

En bref

Social

  • "Accords d'entreprise : les salariés pourront trancher par référendum." La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a confirmé hier vouloir autoriser le recours au référendum auprès des salariés pour rendre majoritaires des accords d'entreprise. La mesure fera partie du projet de loi qu'elle est en train de finaliser. Alors qu'aujourd'hui, les référendums n'ont de valeur que consultative, à l'avenir, la voix des salariés sera décisive pour valider, ou rejeter, un accord en cas de blocage entre syndicats ou de signataires. Les Echos page 3.
  • "L’adoption à l’étranger en chute libre." Selon le dernier bilan de la Mission de l’adoption internationale (MAI), qui dépend du ministère des Affaires étrangères, seuls 815 enfants étrangers ont été recueillis par des Français en 2015. Un chiffre en baisse de 24% par rapport à 2014. La France passe donc sous le seuil symbolique des 1.000 adoptions annuelles. Le Figaro page 10.
  • "Macif va revoir son réseau d’agences." L'assureur mutualiste Macif prévoit d'ici à 2020 de déménager une centaine d'agences de son réseau et de ne pas remplacer systématiquement le millier de départs en retraite prévu. L'objectif est, selon le directeur général, Jean-Marc Raby, d'"exercer une activité rentable" tout en baissant les tarifs. Le Figaro page 24 et les Echos page 30.

Santé

  • "Dépenses de santé : le choc de l'hépatite C a été absorbé." Les remboursements des produits de santé ont augmenté de +1,2% l'an passé, contre +4,9% en 2014. Les remboursements de soins de médecins et de dentistes en ville progressent de +2,8%, soit 2,6% de plus qu'en 2014, notamment grâce à la dynamique des actes techniques des spécialistes et des revalorisations de soins dentaires. Les indemnités journalières retombent un peu (+3,1%, contre +4 %). Quant au choc de l'arrivée des traitements innovants et ultra-coûteux contre l'hépatite C, il a été absorbé à la fin de l'année 2015. Les Echos page 4 et Le Parisien/Aujourd'hui page 10.

Et aussi

  • Transmis par le moustique-tigre, le virus Zika a progressé en Martinique : 102 cas ont été confirmés par l'agence régionale de santé. Le Monde page 6.
  • Selon Le Figaro (page 22), le gouvernement s’accommode de la censure partielle du tiers payant par le Conseil constitutionnel: "Cela va permettre de simplifier le dispositif et de détendre un peu l’atmosphère avec les médecins", admet un conseiller gouvernemental.
  • Nombreuses sont les questions soulevées par la mort d'un volontaire, le 17 janvier, lors d'un essai clinique à Rennes. Le Monde Science et médecine page 2.
  • La nouvelle loi sur la fin de vie doit être adoptée ce soir par le Parlement : ce nouveau texte continue d'interdire la poursuite de traitements qui sont inutiles, disproportionnés ou qui n’ont d'autre but que le maintien artificiel de la vie. Le Parisien/Aujourd'hui page 14.
Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)