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L’opposition au tiers payant : « Un combat douteux »

"L'opposition des médecins libéraux à [la] généralisation [du tiers payant] est essentiellement idéologique et fondée sur le dogme que le malade “honore” le médecin", estime, dans une tribune publiée dans Le Monde (page 7), Martial Olivier-Koehret, président de l'association Soins coordonnés et ancien président du syndicat MG France.

"Les opposants à la généralisation du tiers payant argumentent sur les dysfonctionnements actuels", mais "ils oublient que l'objet de la loi est justement d'organiser les flux financiers pour ne pas laisser perdurer ces erreurs", ajoute ce généraliste, qui rappelle que "la majorité des actes des médecins libéraux sont déjà en tiers payant, et notamment les plus chers".

Le Dr Olivier-Koehret va plus loin en estimant que l'opposition des syndicats de médecins contre le tiers payant généralisé est "un combat contre notre mo­dèle social", un combat "douteux". Leur appel à le boycotter pour les bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé  illustre, selon lui, "la re­mise en question du contrat social entre les médecins libéraux et la société". Il rappelle à ce propos que le monopole des soins de ville accordé aux médecins libéraux les oblige à "offrir des soins à toute la population, même nécessiteuse, et sur tout le territoire". Et "seuls les syndicats de médecins libéraux se leurrent en paroles, à dire que ce n'est pas la Sécurité sociale qui paye les médecins".

Ce "faux débat", ce "débat illusoire" sur la généralisation du tiers payant "occupe les médias et les slogans des manifestations, alors que, pendant ce temps, les difficultés d'accès aux soins perdurent et les déserts médicaux progressent", dénonce l'ancien président de MG France. "Nous devons dire oui au tiers payant généralisé, avec la garantie du paiement du travail des médecins !" C'est "l'occasion de donner à la population la possibilité de ne plus recourir directement à l'hôpital gratuit et ouvert, lorsque les soins relèvent des soignants de ville", souligne le Dr Olivier-Koehret. Ce retour d'activité vers la médecine de ville "soulagera la tension dans les hôpitaux et réduira le déficit de la Sécurité sociale", conclut-il.

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Comité d'alerte : "Prudence" pour l'hôpital

L'objectif de dépenses de santé (Ondam) fixé par le gouvernement pour 2015 devrait être respecté, toutefois "compte tenu des incertitudes qui demeurent […] d'ici à la fin de l'année, le comité d'alerte sur l'évolution des dépenses d'assurance maladie invite à la plus grande prudence dans le dégel des crédits restant en réserve, tout comme dans la délégation des crédits non encore délégués", a indiqué hier cette instance. Le gel des crédits permettra de respecter l'Ondam, mais il "peut conduire parallèlement", sans "mesures structurelles de maîtrise de la dépense, à un accroissement du déficit des établissements", prévient le comité, cité dans Le Figaro-économie (page 22).

Il constate que les dépenses de santé pourraient "s'établir à 181,9 milliards d'euros, en retrait de 450 millions" par rapport à l'objectif voté dans le PLFSS 2015, "mais en conformité avec l'objectif rectifié" par le gouvernement. Selon le comité d'alerte, ces résultats s'expliquent "principalement" par "une légère sous-exécution des dépenses de ville", et par "la mise en œuvre du plan d'économies de 425 millions d'euros décidé en avril 2015", qui a conduit à des "annulations de crédits" pour les hôpitaux.

Réaction de la Fédération hospitalière de France (FHF) : "Le ministère de la Santé demande aux établissements d'engager des programmes dans un environnement contraint, puis coupe les crédits en cours d'année… Bref, il plonge les établissements dans le rouge." En 2015, "les hôpitaux sont d'autant plus remontés que les crédits supprimés en cette fin d'année ne le sont pas pour de “bonnes” raisons", estime Le Figaro-économie.

En effet, ceux-ci doivent être théoriquement annulés au cas où l'activité hospitalière coûterait plus cher que prévu. "Or, les hôpitaux sont cette fois-ci à peu près dans les clous, le comité d'alerte ne tablant que sur un dérapage potentiel de 125 millions d'euros."

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)