La loi travail examinée à l’Assemblée nationale

Après les réprobations de la rue, le projet de loi Travail doit aujourd'hui passer l'épreuve de l'hémicycle. Avant le début des débats programmés jusqu'au 17 mai 2016, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, montera cet après-midi à la tribune de l'Assemblée nationale pour "prononcer le discours le plus important de sa courte carrière ministérielle", commente Le Figaro.

Exercice "périlleux", poursuit le quotidien, car la ministre se sait "attendue au tournant" de plusieurs côtés de l'hémicycle. A commencer par les élus de l'opposition, "qui veulent revenir à la version 1" du texte, c'est-à-dire celle la plus proche des positions du patronat. Au rang des opposants figurent également les communistes et les écologistes mais aussi des députés de la majorité "et pas seulement les habituels frondeurs", observe Le Monde. Récemment, ajoute le journal, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a même été contraint "de demander une réécriture du projet de loi" pour ne pas trop froisser les élus de son camp.

Ce qui fut partiellement réalisé puisque, "débordé sur plusieurs fronts, le gouvernement a été obligé de reculer et d’annoncer, le 29 février, un report de deux semaines de la présentation du texte en Conseil des ministres". De son côté, Myriam El Khomri a présenté "une nouvelle version moins corrosive" de son texte.

Au vu de la réécriture du texte, le député socialiste de Saône-et-Loire, Christophe Sirugue, a accepté d'en être le rapporteur et a "joué le jeu de l’ambassadeur auprès des siens, entre travail de pédagogie et de conviction", écrit Le Monde.

Ce dernier observait récemment dans la presse qu'il manquait près de 40 voix d'élus pour obtenir une majorité. Interrogée par Le Parisien/Aujourd'hui, Myriam El Khomri fait valoir que ce "pointage" a été estimé à une date fixe. Optimiste, elle considère que "du dialogue et de l'échange peut découler une évolution majoritaire. Mon objectif est de convaincre les parlementaires de la majorité".

En cas de forte opposition des députés, elle "ne ferme pas la porte à des évolutions" étant donné que "le débat a vocation à enrichir le texte, pas à le dénaturer." Quant au recours au 49-3, "spectre d'un nouveau passage en force", comme l'écrit Libération, la ministre tempère, dans Le Parisien/Aujourd'hui : "La Constitution prévoit cet outil. Mais je refuse de faire planer la menace."

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Frédéric Lavignette

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