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Quand l’intelligence artificielle bouscule la médecine

"Les longues années d'études médicales vont-elles se révéler inutiles face aux progrès rapides de l'informatique ? C'est en tout cas ce qu'annonce le très polémique Dr Laurent Alexandre, président de l'entreprise DNAvision dans la revue What's up Doc" rapporte le site du Figaro. Pour lui, le médecin du futur sera "subordonné à l'algorithme".

"De tels propos quelque peu inquiétants (…) ne font rien pour aider les médecins à voir d'un bon œil l'intérêt des logiciels d'aide à la décision", estime le Dr Jacques Lucas, vice-président de l'Ordre des médecins, qui travaille actuellement sur un Livre blanc sur la médecine, les banques de données et l'intelligence artificielle, note le quotidien.

Pour le Dr Philippe Cinquin, directeur d'une unité de recherche sur les applications de l'informatique à la médecine à l'université de Grenoble, "l'intelligence artificielle ne cherche pas à remplacer l'expertise clinique d'un médecin". Avant de poursuivre : "On n'en est pas là, même si on a pu penser un moment dans les années 1980 que les systèmes experts allaient être capables de faire des diagnostics et de proposer des traitements tout seuls."

Aujourd'hui, "les systèmes d'aide à la décision que nous avons vendus à cinq CHU en France servent tous les jours à des internes qui veulent savoir, une fois le diagnostic posé, quelle est la meilleure stratégie thérapeutique pour leur patient", affirme le Dr Thierry Mitouard, conseiller médical chez Maincare Solutions.

"Ce type de logiciel s’appuie sur des bases de données des recommandations de "bonnes pratiques" établies par des spécialistes et des organismes comme la Haute Autorité de santé (HAS)", précise Le Figaro.

L'aide des logiciels est devenue indispensable dans l'imagerie médicale. "Les systèmes comme les IRM ou les scanners intègrent aujourd'hui des logiciels d'analyse des images qui permettent de bien mettre en valeur les points importants et de quantifier des paramètres précis", explique Philippe Cinquin.

De même pour les robots chirurgicaux, les logiciels permettent d'améliorer la précision des gestes du chirurgien. "La question n'est pas de savoir si l'informatique va remplacer les médecins, mais de voir comment cela peut aider à améliorer la qualité de leurs actes", conclut le chercheur grenoblois.

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