Lifting à l’hôpital

En présentant hier son plan Hôpital 2012, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, semble inscrire son programme sur la modernisation des établissements de soins dans le prolongement de son prédécesseur, Jean-François Mattei. L'ancien ministre de la Santé "avait déjà injecté sur cinq ans quelque 10 milliards d'euros", notent Les Echos (page 2), mais, selon Xavier Bertrand, ce plan s'achève "sans avoir couvert tous les besoins".

L'actuel ministre de la santé a donc dévoilé quatre mesures pour les cinq années à venir. "Une manière d'afficher sa conviction en une victoire inéluctable de la droite aux prochains scrutins", s'amuse L'Humanité (page 8). Avec un budget de 10 milliards d'euros (5 provenant de l'assurance maladie, le reste des établissements eux-mêmes), ce plan projette de réaliser trois types de mesures. La première relève de la mise aux normes des établissements.

D'après La Tribune (page 29), des mesures s'imposent en effet rapidement. En 2005, 13% des établissements "ne respectaient pas complètement la conformité incendie". De même la plupart sont encore dépourvus de climatisation et réclament vivement un "rafraîchissement des services".

Autre priorité annoncée : la modernisation des systèmes d'information. Le projet prévoit de porter la part des dépenses consacrées à l'informatique à 3% d'ici à 2012, contre 1,7% actuellement. Enfin, ce plan Hôpital envisage de satisfaire les conditions de travail des personnels et l'accueil des familles. Des crèches seront créées dans les hôpitaux pour les enfants du personnel soignant et des structures d'hébergements organisés seront développées pour les parents accompagnant leurs enfants.

Pour L'Humanité, les charges que risque d'entraîner un tel plan suscitent une interrogation : "Comment les établissements assumeront-ils une charge supplémentaire alors que deux sur trois ont fini l'année 2006 avec un déficit cumulé de 1,2 milliard d'euros ?"

Selon Le Monde (page 10), l'indifférence vis-à-vis du "devenir de l'hôpital public" est générale : aucun des candidats à l'élection présidentielle ne s'en soucie. Et pourtant il faudra bien que la question soit tranchée à un moment ou un autre.

Pour le moment, indique le quotidien du soir, les partis s'attachent à débattre sur la "poursuite de la réforme de la tarification à l'activité".

Au PS, on souhaiterait que cette réforme dite de la T2A, actuellement appliquée à 100% par les cliniques privées et à 50% par les hôpitaux publics, soit " remise à plat tant les mécontentements qu'elle provoque sont unanimes".

Au PCF, on réclame son abandon pur et simple, car ce type de tarification indexée selon le niveau d'activité de chaque établissement pousse les établissements à "sélectionner leur patient en fonction de leur rentabilité".

L'UDF aspire au contraire à la généraliser pour "abolir la différence entre public et privé, les missions de service public pouvant très bien être assumées par les cliniques".

Enfin, l'UMP, par la voix de Philippe Juvin, responsable santé de l'équipe de Nicolas Sarkozy, appelle "à l'extension de la T2A jusqu'à 100%, mais pas de façon aveugle".

A lire aussi – La CFDT et les candidats

La CFDT est le premier syndicat à interpeller les cinq principaux candidats à l'élection présidentielle, indique Libération (page 13). Pour la confédération, les Français sont pressés d'obtenir des éclaircissements sur quatre grands thèmes : "Le travail, la cohésion sociale, l'Europe et la démocratie sociale".Sans se prononcer pour autant en faveur d'un candidat, le secrétaire général de ce syndicat, François Chérèque, estime vouloir "éclairer [ses] adhérents et sympathisants sur les programmes des candidats", indique Le Figaro (page 22).

Dans la lettre de 10 pages qu'il a expédiée aux candidats, François Chérèque aborde dans le chapitre consacré au travail "la sécurisation des parcours professionnels". Concernant la cohésion sociale, la CFDT demande aux présidentiables de se prononcer sur la réforme de l'Etat, le droit au logement ou encore les retraites, la santé, l'exclusion et le chômage. Dans la dernière partie de son interpellation, consacrée à la démocratie sociale, François Chérèque suggère "un pacte social" entre "Etat, patronat, syndicats, Mutualité, monde associatif".