Les pharmacies confrontées à la concurrence

Malgré la décision, fin décembre, de la ministre de la Santé de maintenir "le monopole officinal sur les médicaments", les pharmaciens se préparent à l'ouverture à la concurrence vers les supermarchés, indiquent Les Echos (page 21). La Suède, la Norvège, le Portugal et le Royaume-Uni ont sauté le pas. En France, à défaut d'être aboli, le monopole des officinaux voit son périmètre grignoté progressivement. C'est déjà le cas avec les tests de gros­sesse, désormais en vente partout, les solutions pour lentilles, les vitamines et les compléments alimentaires.

Conséquence de cette évolution : les pharmaciens "vont devoir trouver un nouveau modèle économique, centré sur le conseil et la prévention, pour lesquels ils seront rémunérés par des honoraires appelés à compenser leur marge commerciale", estime, dans Les Echos, Jean-Christophe Lauzeral, directeur général opérationnel de Giropharm, un réseau d'officines.

En Suisse, les pharmaciens pratiquent des vaccinations et dans certains cantons, deviennent le premier centre de conseil médical, via la visioconférence. En France, les officinaux sont appelés à jouer un rôle de suivi des patients atteints d'asthme chronique ou de diabète. Ce rôle de préventeur, qui pourra être étendu à l'avenir au sevrage tabagique, nécessitera la mise en place d'espaces de confidentialité dans ces structures.

En ce qui concerne la vente des médicaments sur Internet, le réseau Giropharm incite ses plus gros adhérents à se lancer dans cette pratique. "Vendre sur le Net nécessite la maîtrise de compétences nouvelles, comme la logistique, qui ne sont pas à la portée des petites officines de quartier", estime Jean-Christophe Lauzeral.

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L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s'alarme d'une reprise de la consommation de benzodiazépines, utilisés contre l'anxiété et l'insomnie. Face à ce constat, cet organisme souhaite mieux encadrer leur prescription, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 11). Selon l'ANSM, 131 millions de boîtes contenant des benzodiazépines ou apparentées ont été vendues en France en 2012, dont 53,2% d'anxiolytiques et 40,5% d'hypnotiques, c'est-à-dire de somnifères.

En outre, 11,5 millions de Français ont consommé au moins une fois une benzodiazépine l'an dernier : 7 millions pour l'anxiété, 4,2 millions pour des troubles du sommeil et 300 000 ont pris du Clonazepam® (Rivotril) un médicament de la même famille. Les consommateurs sont âgés, en moyenne, de 56 ans et près des deux-tiers des consommateurs sont des femmes. Ainsi, un tiers des femmes de plus de 65 ans prennent une benzodiazépine contre l'anxiété et près d'une sur cinq pour dormir. Chez les personnes âgées, ces médicaments peuvent entraîner des pertes de mémoire et sont à l'origine de chutes.

Alors que les autorisations de mise sur le marché (AMM) mettent en garde contre une prise prolongée de ces médicaments, laquelle peut entraîner une dépendance, l'ANSM constate des temps d'exposition pouvant aller jusqu'à quatre à cinq mois, voire plusieurs années pour "une proportion importante" de patients, note Le Parisien/Aujourd'hui.

John Sutton

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