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Les médecins toujours sous haute tension

Le Premier ministre, Manuel Valls, doit se rendre aujourd'hui au deuxième congrès du Conseil national de l'ordre des médecins, et, à en croire Le Figaro (page 21), son accueil risque d'être tendu. Et pour cause, rappelle le quotidien, "au même endroit l'année dernière, François Hollande avait adressé des gestes d'ouverture en direction des médecins, furieux contre la généralisation du tiers payant. Sans succès. S'il veut mieux faire que le Président, le Premier ministre va devoir sortir le grand jeu".

Pour le chef du gouvernement, il sera difficile de contourner tous les dossiers qui mettent en ébullition la profession depuis le début du quinquennat. Par exemple, la lutte contre les dépassements d'honoraires des spécialistes, ou la généralisation du tiers payant contenue dans le projet de loi santé de Marisol Touraine. Une mesure qui, constate Le Figaro, "fait toujours figure de chiffon rouge chez les blouses blanches".

Une prochaine journée de "santé morte" est d'ailleurs envisagée par la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) le 13 novembre, soit quelques jours avant le retour du texte à l'Assemblée nationale pour une nouvelle lecture. "Les coordinations, mouvements locaux spontanés nés dans la contestation de la loi santé, appellent pour leur part à une fermeture des cabinets médicaux durant une semaine, du 13 au 21", prévient également le quotidien.

Persuadé que la loi sera néanmoins votée, l'Ordre des médecins se console en se disant que les textes d'application mettront du temps à être publiés.

Cette loi, estime dans un entretien son président, Patrick Bouet, "organise insuffisamment le système de soins sur le terrain, sans améliorer la lisibilité du parcours des malades. Elle ne dit pas aux patients où, ni par qui, ils vont se faire soigner. Elle pérennise les séparations entre les hôpitaux et les professionnels libéraux, là où il devrait y avoir des coopérations et de la mixité".

D'une manière générale, ajoute-t-il, "le texte ne permet pas au généraliste d'orienter son patient, la circulation des malades entre les différents acteurs reste inorganisée". Autant d'éléments qui, à ses yeux, favorisent l'inquiétude au sein de la profession mais aussi la colère et l'exaspération. Selon lui, une vraie ré­forme devrait au contraire permettre de "clarifier le rôle des différents financeurs" que sont l'assurance maladie et les complémentaires santé, et "organiser la coopération" entre tous les acteurs.

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Stress au travail et AVC sont liés

Alors qu'un travailleur sur cinq se plaint de problèmes de santé liés à du stress au travail (anxiété, dépression, fatigue, hypertension…), une étude chinoise, publiée dans l'édition en ligne de la revue Neurology, révèle qu'"être sous pression au travail pourrait également augmenter le risque de d'attaque cérébral", dévoile Le Figaro (page 9).

A partir de six études cliniques dont ils ont fait la synthèse, les chercheurs ont dressé un classement des emplois "en fonction du niveau de stress, déterminé par la combinaison de la pression psychologique et de la maîtrise de la personne sur son travail".

Quatre catégories d'emplois ont été définies en fonction de leur degré de stress. Résultat : 11 à 27% des victimes d'AVC appartenaient à la catégorie des emplois stressants. Le risque de faire un accident vasculaire cérébral augmenterait même de 22%, à 33% lorsque ces emplois sont exercés par des femmes, ajoute l'enquête de synthèse.

Pour le Pr Serge Timsit, neurologue au CHU de Brest, cette enquête montre bien que les accidents vasculaires ischémiques sont les plus élevés "chez ceux qui exercent un métier avec à la fois une forte contrainte psychologique et peu de maîtrise sur le travail, en particulier chez les femmes". En revanche, souligne-t-il, "elle ne nous éclaire par sur les mécanismes responsables".

Il est certes difficile d'aller plus loin que le simple constat dressé par cette étude, mais "il est néanmoins important de renforcer les messages de prévention, estime pour sa part le Pr Mathieu Zuber, neurologue à l'hôpital Saint-Joseph à Paris. Nous devons être particulièrement attentifs à ce que les personnes occupant un emploi stressant ne négligent pas leur hygiène de vie".

Selon un rapport de la direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (Drees) publié hier, près de 200.000 personnes ont été hospitalisées pour un accident vasculaire cérébral (AVC) en France en 2008 et 2009. Sur ce nombre, près de 28% sont morts dans l'année qui a suivi leur hospitalisation. Outre les décès, qui représentent la première conséquence de ces accidents, les AVC sont aussi "une cause majeure de handicap, deuxième cause de dé­mence après la maladie d'Alzheimer".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)