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Les franchises en débat

L'Assemblée nationale a entamé hier l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2008. Ce texte prévoit, entre autres, l'instauration des franchises médicales et des mesures de régulation de l'installation des médecins, dont les internes demandent le retrait. Sur ce dernier point, "aucune mesure coercitive ne sera prise. La liberté d'installation sera garantie", a promis hier la ministre de la Santé aux députés.

"Nous acceptons l'idée de laisser une marge pour amender notre texte", a ajouté Roselyne Bachelot. Jean-Pierre Door, député UMP et rapporteur pour la branche maladie, devrait déposer un amendement "de compromis" comme le qualifient Les Echos (page 3). "On ne parlerait plus de conventionnement, mais simplement d'une négociation visant à résoudre les problèmes de démographie médicale", précise-t-il.

Evoquant les franchises médicales, la ministre de la Santé a reconnu que leur contribution financière sera "modeste au regard des besoins de financement". Dans un entretien publié dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 11), Yves Bur, député UMP et rapporteur du PLFSS, reconnaît que ces franchises "n'ont pas la prétention de régler la question du financement". Dans le même temps, il estime que "l'effort demandé aux assurés n'est pas si lourd".

Pas d'accord, réplique Jean-Marie Le Guen, député PS, dans Le Parisien/Aujourd'hui. "Ce sont toujours les mêmes qui paient. Il va y avoir un réel problème d'accès aux soins", explique-t-il. De plus, ajoute-t-il, rien n'interdira au gouvernement de "relever par décret le niveau de ces franchises quand bon lui semblera".

Les franchises médicales ont provoqué hier quelques remous chez les députés de l'opposition. Ainsi, Martine Billard, députée des Verts, estime dans Libération (page 14) qu'"il s'agit avant tout d'un projet comptable et non de santé. La preuve c'est qu'il ne se préoccupe jamais de prévention". A noter que près de 600 amendements ont déjà été déposés sur l'ensemble du PLFSS, dont l'examen est prévu pour durer au moins jusqu'à vendredi, avec un vote solennel le 30 octobre.

A lire aussi – Campagne de la Mutualité : attirer l'attention

La campagne de la Mutualité française, parue hier dans de nombreux quotidiens nationaux et régionaux, vise à "attirer l'attention" du grand public sur une position majeure de la Mutualité française : instaurer un "système de santé solidaire et efficace". C'est ce qu'a indiqué ce matin sur LCI, Jean-Martin Cohen Solal, directeur général adjoint de la Mutualité française. Cette campagne est parue le jour même de l'ouverture à l'Assemblée nationale du débat sur le budget 2008 de la "Sécu", qui instaure les franchises médicales. Comme l'a rappelé Jean-Martin Cohen Solal, "depuis des mois, la Mutualité française explique que ces franchises sont une fausse solution" et que la priorité est avant tout de "mieux organiser le système de santé".

La campagne de la Mutualité est commentée dans Le Figaro-économie (page 28). "En clair, les mutuelles veulent peser dans le débat sur la santé publique", écrit Sonia Devillers. Ce quotidien la replace dans un contexte plus général, celui de l'utilisation des hommes et des femmes politiques dans la publicité. De son côté, Le Parisien/Aujourd'hui (page 11) signale la campagne de la Mutualité française et rappelle son message : "38 millions de personnes protégées par les mutuelles veulent un système de santé efficace et solidaire".

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)