Le taux de chômage des personnes en situation de handicap a progressé de 10,6% sur un an

Avec un chômage qui augmente deux fois plus vite que la moyenne, les associations tirent la sonnette d'alarme à l'occasion de la Semaine de l'emploi des personnes handicapées, qui commence aujourd'hui. L'Association des paralysées de France (APF) s'inquiète de l'explosion du chômage qui touche ses adhérents. En effet, la France comptait fin juin près de 428.000 demandeurs d'emploi en situation de handicap, soit une hausse de 10,6% sur un an. Cette progression est deux fois plus rapide que celle de l'ensemble des chômeurs (5,2%), précise L'Humanité (page 11). "Ce chiffre a doublé en six ans", constate Véronique Bustreel, conseillère nationale emploi de l'APF.

"La situation ne s'améliore pas, dé­plore Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fnath (accidentés de la vie). (...). On voit aujourd'hui que le taux de chômage explose et que la précarité s'est elle aussi accentuée. Sans compter que le maintien dans l'emploi devient de plus en plus difficile. Les licenciements pour inaptitude se multiplient."

Le gouvernement a fait adopter, lors du projet de budget 2015 à l'Assemblée nationale, un prélèvement de 29 millions d'euros sur les réserves du Fonds d'insertion des personnes handicapées dans la Fonction publique (FIPHFP). Une ponction équivalente est prévue sur l'Agefiph (secteur privé). "Un racket budgétaire", dénonce l'APF. Aux yeux des associations, cette mesure ne pourra que fragiliser les actions engagées envers les personnes en situation de handicap.

Paradoxalement, alors que le chômage explose, le taux d'emploi des travailleurs handicapés grossit. Le taux d'emploi a augmenté de 30% dans le privé entre 2008 et 2011 pour atteindre un taux moyen d'emploi de 3,1% dans le privé. Une "dynamique qui s'explique par le développement des reconnaissances de handicap, souvent liées à l'âge (+ 50% entre 2007 et 2012). Il y a moins de tabou à révéler son handicap", note Pierre-Yves Leclercq, directeur général de l'Agefiph.

Des actions innovantes voient le jour en région. Parmi celles-ci, La Croix (page 8) signale à ses lecteurs la "Job H'Academy" qui va accompagner quatorze demandeurs d'emploi handicapés de la région nantaise vers un emploi durable. La "Job H'Academy" a été lancée par la Fondation agir contre l'exclusion (FACE) de Loire-Atlantique et l'Agefiph des Pays-de-Loire.

La prochaine conférence nationale du handicap, qui se tiendra à la mi-décembre, comportera un volet sur l'emploi, annonce le secrétariat aux Personnes handicapées. Pour préparer ce rendez-vous, un forum régional sur l'emploi doit se tenir à Dijon (Côte-d'Or) le 1er décembre, en présence du ministre du Travail, François Rebsamen.

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Au siège de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève, médecins, épidémiologistes, statisticiens, anthropologues… suivent en temps réel la progression du virus Ebola et coordonnent la riposte, rapporte M, le magazine du Monde (pages 51 à 57), publié avec le quotidien du week-end. La coordination, c'est justement ce qui a manqué au sein de l'OMS au début de l'épidémie, lui laissant le temps de se propager. Une erreur qu'elle tente aujourd'hui de rattraper.

La directrice générale, Margaret Chan, déclarait à la mi-septembre que l'OMS n'avait "pas été suffisamment informée de l'évolution de l'épidémie". "Nous avons répondu, mais notre réponse n'a peut-être pas été adaptée à l'échelle de la situation et à sa complexité", a-t-elle reconnu. Le retard à l'allumage coûte cher. Dans les pays d'Afrique de l'Ouest, Médecins sans frontières (MSF) était seule sur le pont avec les équipes locales de La Croix-Rouge.

"Nous ne sommes qu'une trentaine au siège à traiter des urgences, dont quinze professionnels de santé", souligne, dans le magazine du Monde (page 56), le Dr Rudi Coninx, coordinateur de la gestion des risques urgents à l'OMS. Mi-septembre, l'ONU a lancé un appel à la générosité de près de 1 milliard de dollars, soit le double de la somme nécessaire réclamée quelques semaines plus tôt. Les promesses de don affluent. Pour l'instant, la moitié du montant total a été versée.

En matière d'épidémiologie, les gouvernements locaux sont longtemps restés dans le déni et ont rechigné à communiquer tous les cas suspects. Pour leur part, les pays riches ne s'estimant pas concernés, ils n'ont pris la mesure de la crise que lorsque les premiers cas sont apparus en France, en Espagne et aux Etats-Unis. Aujourd'hui, les populations africaines continuent de cacher les malades et les corps, terrifiées par ces hommes en combinaison de spationaute qui viennent leur arracher leur père, leur mère, leurs frères et sœurs pour ne jamais les leur rendre. Un protocole radical et brutal qui suscite tous les fantasmes et alimente toutes les méfiances.

Comme le rappelle le magazine du Monde, il n'existe actuellement aucun médicament ni vaccin homologué contre le virus Ebola. Les premiers essais de vaccin devraient avoir lieu au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, au cours du premier trimestre 2015. "Nous avons tous notre part d'erreur dans cette tragique histoire, reconnaît le Dr Pierre Formenty, Monsieur virus Ebola à l'OMS. Mais nous savons que quelque chose de bien pire va nous tomber dessus. Cette contagion a utilisé toutes nos faiblesses. C'est un dernier rappel à l'ordre pour prendre les bonnes dispositions."

John Sutton

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