Le président de la République inflexible

"La ligne de conduite ne peut pas dévier en fonction des circonstances (…). Il faut de la constance, de la ténacité, du cou­rage", a affirmé hier soir le président de la République, dans une courte allocution télévisée. François Hollande a toutefois reconnu la vérité "douloureuse" du "vote de défiance" à l’égard "de l’Europe, des partis de gouvernement, de la politique", rapportent Les Echos (page 2). "Ce serait une faute, et je ne la commettrai pas, que de fermer les yeux devant cette réalité", a assuré le chef de l’Etat, célébrant les "valeurs" de la France, "un grand pays qui ne peut concevoir son destin dans le repli, la fermeture, le rejet". Sauf que François Hollande n’a rien dit… de nouveau, déplorent Les Echos. "Ceux qui attendaient un geste en auront été pour leurs ", souligne le quotidien.

"Hollande ne dévie pas de sa ligne", titre Le Figaro (page 2), qui décrit un président "très affaibli par le cataclysme des européennes". "Il a indiqué vouloir "réorienter l’Europe", mais est resté très flou sur les moyens d’y parvenir, selon le quotidien." "Demain [à Bruxelles], je réaffirmerai la priorité à la croissance, à l’emploi, à l’investissement", a-t-il souligné, en reconnaissant que l’Europe avait surmonté la crise de la zone euro, au prix de "l’austérité", qui a "découragé les peuples".

"Hollande ne veut rien changer", titre de son côté Le Parisien/ Aujourd’hui (page 4), qui estime que "malgré la nouvelle déroute du PS et surtout, la colère des Français dimanche, le chef de l’Etat a réaffirmé hier qu’il ne comptait pas modifier sa politique". "On ne sait pas bien où il veut aller sur l’Europe, regrette Arnaud Leroy, député proche d’Arnaud Montebourg. Il dit qu’il veut la réorienter, mais il a fait campagne là-dessus en 2012, il serait temps de passer aux actes."

Au plan national, le président entend maintenir le cap et veut des résultats rapides. C’est le cas avec le pacte de responsabilité pour les entreprises qui vont bénéficier de la baisse de charges. La réforme territoriale, quant à elle, sera présentée "dès la semaine prochaine". "La simplification" et "la modernisation" seront "tout l’enjeu de la réforme de notre organisation territoriale, de grandes régions, avec une évolution de nos collectivités". Dans les grandes lignes, le projet prévoit de diminuer de moitié le nombre de régions, de construire des intercommunalités plus importantes et de travailler à la suppression du conseil général dans un avenir plus ou moins proche. Selon un député de la majorité, s’exprimant dans Le Parisien, "ce n’est pas avec la réforme territo­riale qu’on va redonner des motifs d’espoir aux Français".

 

Professionnels de santé : négociations sur le travail en équipe

Infirmières, kinésithérapeutes, médecins, sages-femmes ou encore pharmaciens se retrouvent demain autour de la table avec l’assurance maladie pour une première séance de négociation portant sur la rémunération du travail en équipe de ces professionnels de santé, rapporte La Croix (page 23).

Cette réunion, à laquelle prendront part une cinquantaine de syndicats, représentant 18 professions, s’inscrit dans la stratégie nationale de santé, lancée par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, afin de mieux prendre en compte le parcours des patients. Il s’agit de passer d’"une pratique de soins composée d’une succession d’actes ponctuels et indépendants" à "une prise en charge coordonnée du patient entre professionnels de santé". "Un enjeu important pour les personnes âgées, les patients atteints de maladies chroniques ou en­core, ceux qui sortent de l’hôpital", souligne La Croix.

Le dispositif envisagé s’appuie sur un forfait destiné à rémunérer des équipes de soins de proximité, explique le quotidien. L’objectif est d’encourager la coopération entre médecins, paramédicaux et pharmaciens. "L’enjeu, c’est la modernisation du système de santé", estime Claude Leicher, président du syndicat de généralistes MG-France. La ministre de la Santé a donné jusqu’à fin juillet aux partenaires de la négociation pour aboutir à un accord. La dernière réunion est prévue le 9 juillet, mais il y a peu de chances que tout soit bouclé d’ici là.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)