La vie après le cancer du sein

Quel impact la maladie a-t-elle eu sur vous ? Avez-vous pu reprendre pied ? Eprouvez-vous encore des difficultés, ou vous êtes-vous tournée vers l'espoir ? C'est à ce genre de questions, posées par Jean-Christophe Mino et Céline Lefève, respectivement médecin et philosophe, qu'ont répondu 23 femmes victimes du cancer du sein en vue d'un ouvrage à paraître aux éditions Dunod.

Pour leur livre baptisé "Vivre après un cancer", les deux chercheurs en éthique médicale ont rencontré pendant plus de deux ans ces anciennes malades, âgées de 30 à 85 ans, et en ont tiré plusieurs enseignements, indique La Croix.

Le premier est que chacune restera à jamais marquée par sa maladie, même si celle-ci est derrière elle. Nul retour possible "à la vie d'avant", écrit le quotidien. D'où deux façons très subjectives de se comporter : soit on héroïse son expérience de lutte, soit on s'oblige à tourner la page.

Au cours de leurs entretiens, les chercheurs ont de surcroît observé que la façon d'assumer ce vécu de malade dépendait de plusieurs paramètres, notamment l'âge et l'appartenance sociale. La transformation du corps après la maladie (perte du sein, de la libido, prise de poids …) est par exemple plus difficile à vivre lorsqu'on est jeune. Sans parler des effets secondaires des traitements  d'hormonothérapie, qui permettent certes d'éviter la récidive, mais peuvent entraîner bouffées de chaleur, troubles de l'humeur ou états dépressifs.

Quitter l'hôpital est peut-être le signe de la guérison, mais c'est aussi le risque d'une solitude extrême. La patiente n'est plus encadrée par le corps médical, n'a plus d'interlocuteurs de référence et doit gérer elle-même sa prise de médicaments. "Une fois les traitements terminés, déclare l'une des patientes interrogées par les deux chercheurs, il faut se débrouiller." Ce sentiment de solitude peut également s'éprouver lorsque le cadre familial n'entoure pas assez bien le retour de la malade, ce que connaissent souvent les femmes les moins favorisées.

Mais coûte que coûte, il est nécessaire de se réapproprier le quotidien. Certaines femmes y parviennent, tirant de leur expérience "une vraie pulsion de vie, avec le souhait de revoir ses priorités", écrit la Croix. "Maintenant, assure l'une d'elles, je relativise les petits tracas."

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Frédéric Lavignette

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