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La victoire de François Hollande

Avec 51,67% des voix, François Hollande est devenu, hier, le 7e président de la Ve Républi­que. Le candidat socialiste l'emporte sur Nicolas Sarkozy qui a obtenu 48,33% des suffrages. Ainsi, la gauche revient à la tête de l'Etat après 17 ans d'absence.

Si François Hollande a été élu, explique, entre autres, Guillaume Tabard dans Les Echos (page 2), c'est "parce que cette élection, jusqu'au bout, est restée un référendum anti-Sarkozy". Selon cet éditorialiste, le président sortant n'est parvenu ni à "valoriser son bilan", ni à "incarner deux fois le changement". Cette "sanction d'une politique ultralibérale, antisociale et autoritaire" a profité au candidat socialiste, observe avec "soulagement" Patrick Appel-Muller dans L'Humanité (page 2). Place maintenant au "défi" et à "l'espé­rance", ajoute-il.

Prenant ses fonctions dans un contexte inédit de crise économique et sociale, analyse La Croix (page 2), François Hollande se dit conscient de sa responsabilité. "Le premier devoir d'un président de la République, a-t-il déclaré, est de rassembler pour relever les défis qui nous attendent. Ils sont nombreux et ils sont lourds."

Le Parisien/Aujourd'hui (page 2) liste d'ailleurs ces défis : "Les déficits abyssaux des comptes publics, le chômage galopant, la crise toujours présente et la contrainte européenne vont s'inviter très vite dans le nouveau bureau de François Hollande."

D'ores et déjà, le nouvel élu a fixé sa feuille de route. D'ici la fin du mois de juin, "quinze mesures symboliques" ne nécessitant pas l'intervention du Parlement devraient être mises en œuvre. Un premier décret devrait, par exemple, réduire de 30% la rémunération du président de la République et des ministres, rappellent Les Echos (page 5). Dans la foulée, il est prévu d'augmenter de 25% l'allocation de rentrée scolaire, de bloquer les prix des carburants pour trois mois, de favoriser l'aide des jeunes à la location et de réformer le livret A et le livret de développement durable par un doublement des plafonds.

"Mais la décision phare des premières semaines du quinquennat, ajoute le journal économique, sera le retour du droit à la retraite à 60 ans pour les personnes qui ont commencé à travailler tôt et qui ont toutes leurs annuités." Par un autre décret programmé pour fin mai, "un éventail maximal de 1 à 20 pour les rémunérations dans les entreprises publiques" sera fixé.

Dans l'attente de la publication du rapport sur les finances publiques prévue pour fin juin, le gel conservatoire d'une partie des dépenses publiques est aussi annoncé. Par la suite, relève Le Figaro (page 20), François Hollande compte réduire ces dépenses pour financer certaines mesures de son programme.

Par exemple, précise le quotidien, le nouveau chef de l'Etat a indiqué que 5 milliards d'euros consacrés à l'industrie et aux PME proviendraient de "la diminution des avantages fiscaux accordés actuellement aux très grandes entreprises et au secteur financier". Autre mesure : pour soutenir l'emploi des jeunes, 5 milliards seront dégagés des gains générés par la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires.

Les principaux chantiers sociaux seront, quant à eux, lancés lors de la Conférence nationale pour la crois­sance et l'emploi à la mi-juillet. Mais d'ici là, précisent Les Echos, la révision géné­rale des politiques publiques (RGPP) lancée par Nicolas Sarkozy sera interrompue. Cette conférence programmée avec les partenaires sociaux vise à "renforcer la démocratie sociale et donner le coup d'envoi des principaux chantiers sociaux du quinquennat".

Au menu de cette conférence "attrape-tout" : la politique de l'emploi, la formation professionnelle, la lutte contre la précarité, l'égalité hommes-femmes, l'encadrement des licenciements boursiers, le pouvoir d'achat avec la question des salaires et les nouvelles règles de fixation du Smic ou encore la mise en place du contrat de génération.

Avant la mise en œuvre de ces mesures, François Hollande devra naturellement constituer son équipe. La passation des pouvoirs et la nomination du Premier ministre sont "envisagées lundi prochain", avance Libération (page 10). Le lendemain devrait se tenir le premier Conseil des ministres. Toutefois, ajoute le quotidien, "la rumeur a couru que l'équipe PS souhaitait accélérer les choses, envisageant une passation de pouvoirs dès la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel, at­tendu jeudi ou vendredi".

Autre rumeur, observent Les Echos, celle qui désigne "Jean-Marc Ayrault en pole position pour Matignon". Le maire de Nantes et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale fait figure de "favori". D'autres proches du candidat socialiste semblent également pressentis pour certains portefeuilles ministériels.

Ainsi, Marisol Touraine pourrait, par exemple, hériter d'un grand ministère des Affaires sociales, signale le journal économique. Pour le ministère de l'Education nationale, circule le nom de Vincent Peillon, et pour le quai d'Orsay, celui de Laurent Fabius. Quant à Michel Sapin, Jérôme Cahuzac ou Pierre Moscovici, le ministère de l'Economie et du Budget pourrait leur revenir.

Avec l'élection de François Hollande, écrivent par ailleurs Les Echos, la gauche "n'a accompli que la moitié du chemin pour gouverner la France au cours des cinq prochaines années". Après le Sénat il y a quelques mois, il reste en effet, au Parti socialiste à remporter les élections législatives des 10 et 17 juin. Une étape qui, selon le quotidien, pourrait être franchie "sans trop de difficulté".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)