La moitié des Français préoccupés par le financement des retraites

Une enquête réalisée par le Crédoc, à la demande de la Fondation Terra Nova et de l'institut Montparnasse, laboratoire d'idées fondé par la MGEN, confirme l'attachement des Français à leur protection sociale. Ainsi, 55% d'entre eux aspirent à des réformes progressives garantissant les bases du système, notamment la solidarité. Les résultats de ce sondage, réalisé à l'occasion du 70e anniversaire de la Sécurité sociale, témoignent également de l'attachement des Français aux acteurs publics et privés non-lucratifs impliqués dans la protection sociale "à la française".

Toutefois, 47% des personnes interrogées se disent préoccupées par le financement des retraites (contre 22% en 1995), souligne Le Monde (page 13), qui note qu'Il y a vingt ans, d'autres sujets arrivaient en tête des préoccupations de nos concitoyens : le traitement de la pauvreté et de l'exclusion, la prise en charge des grands malades et l'indemnisation des chômeurs.

Aujourd'hui, outre l'avenir du système de retraite, le montant des pensions constitue une source d'inquiétude et d'insatisfaction. Ainsi, 41% des sondés considèrent que les retraites "devraient être augmentées en priorité". Viennent ensuite les remboursements de la Sécu (15%), les pensions d'invalidité, de handicap et le RMI-RSA (10%) et les allocations-chômage (5%).

Le sondage met en évidence une crispation sur les retraites, qui est plutôt étonnante dans la mesure où la situation des retraités ne s'est pas dégradée depuis le début de la crise.

"Le sondage met en évidence une crispation sur les retraites, qui est plutôt étonnante dans la mesure où la situation des retraités ne s'est pas dégradée depuis le début de la crise", souligne, dans Le Monde, Bruno Palier, directeur de recherche du CNRS à Science Po Paris.

Pour lui, cela "reflète une forme de repli de la société française, lui-même lié au vieillissement de la population et aux représentations, véhiculées notamment dans la presse, qui laissent penser que de plus en plus de retraités plongeraient dans la précarité".

Autre constat dressé par cette en­quête : 23% des sondés accepteraient de réduire le montant du RMI-RSA, 21% de réduire celui des prestations familiales et 14% les allocations-chômage. Reste que les grands principes de base de la protection sociale continuent de recueillir l'adhésion générale. Ainsi, 80% des Français estiment que "prise en charge des frais de santé doit rester un monopole de l'Etat".

Dernier enseignement : ce sont les jeunes de moins de 25 ans qui défendent le plus l'idée d'un accès universel aux prestations sociales, quelle que soit la nature de l'aide. En revanche, les seniors préconisent des aides plus ciblées.

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La bonne image de l'économie sociale

Les résultats d'un sondage Ifop, réalisé à la demande de l'Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire (Udes), montrent que le secteur a globalement une bonne image, mais reste encore mal connu des Français, soulignent Les Echos (page 5). Ainsi, 26% des personnes interrogées ne savent pas exactement ce qu'est l'économie sociale et 27% n'en ont aucune idée. En revanche, les Français y associent des valeurs positives : 84% estiment que ce sont des activités qui renforcent le lien social (82% chez les dirigeants d'entreprises) et 67% qu'elles créent des emplois (50% chez les employeurs). Par ailleurs, 64% des Français jugent que l'économie sociale et solidaire est en phase avec la réalité de l'économie (52% chez les dirigeants d'entreprises).

L'Udes, qui se réunira demain en convention nationale à Paris, demande notamment un accès plus important au crédit impôt compétitivité et emploi (Cice), notamment pour mieux faire face à la concurrence du secteur privé traditionnel, dans le domaine médico-social.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)