La loi Santé, « exutoire » du malaise des médecins

Malgré les efforts entrepris par la ministre de la Santé pour calmer les esprits, les médecins défileront dimanche pour manifester leur opposition au projet de loi santé de Marisol Touraine. Cette manifestation nationale devrait réunir au moins 20.000 personnes à l'appel de 60 syndicats ou organisations, certaines réclamant la réécriture de la loi, d'autres son retrait pur et simple.

Cette manifestation, prévient La Croix (page 8), sera non seulement "transgénérationnelle" mais aussi "hétéroclite". Généralistes, internes, étudiants en médecins, ou encore représentants des cliniques privées, devraient s'y retrouver avec des revendications parfois bien éloignées de celles concernant la généralisation du tiers payant, mesure phare du texte de Marisol Touraine. En somme, écrit le quotidien catholique, "ce cortège servira d'exutoire pour exprimer un malaise aux multiples facettes".

Les directeurs de cliniques manifesteront par exemple leur mécontentement vis-à-vis de la baisse des tarifs. Ils estiment par ailleurs "avoir été floués dans la négociation, car ils ne seront qu'associés ̏ au service public, au lieu d'y participer", écrivent Les Echos (page 4).

Le pouvoir de l'administration dans les territoires est une autre pomme de discorde, ajoute le quotidien. "Les médecins ont obtenu de garder l'initiative de la coordination des soins, mais ont peur que les agences régionales de santé ne les appuient pas." Ils déplorent également "l'éclatement des tâches", en particulier l'autorisation faite aux pharmaciens de "vacciner sans leur feu vert".

Une autre initiative du gouvernement en lien avec la généralisation du tiers payant pourrait également faire débat dans les semaines à venir, mais cette fois-ci du côté des patients, annonce Le Parisien/Aujourd'hui (page 9). Puisque ces derniers n'auront plus rien à débourser chez leur médecin dès 2017, la secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées, Ségolène Neuville, a évoqué hier l'éventuelle mise en place d'un dispositif pour recouvrer les franchises médicales.

Chaque caisse d'assurance maladie pourrait par exemple "demander aux assurés, soit près de 58 millions de personnes, une autorisation de prélèvement sur leur compte bancaire, ainsi que le suggérait l'Inspection générale des Affaire sociales (Igas) dans un rapport sur le tiers payant. Le forfait pourrait alors être prélevé par paliers, par exemple tous les 30 euros". Prudente, observent Les Echos dans un article titré "le casse-tête des franchises", la ministre de la Santé n'a pas tardé à "apporter un démenti" à cette annonce, et a signalé qu'aucun mécanisme n'est encore arrêté.

A lire aussi – Des binômes mixtes pour les élections départementales

Les scrutins des 22 et 29 mars font dans la nouveauté. Sous la désignation "départementales", ces élections se substituent aux anciennes "cantonales" afin de constituer les conseils départementaux, remplaçants des conseils généraux. La réforme territoriale entreprise par le gouvernement, a également modifié le nombre de cantons : par le passé, on en comptait 4.035 cantons, désormais ils sont 2 054, indique L'Humanité (pages 2 et 3). Chaque département de plus de 150.000 habitants devra ainsi compter au minimum 13 cantons, et ceux de plus de 500.000 au moins 17.

L'autre nouveauté de ce vote est que, pour la première fois, la loi sur l'égalité des sexes devra s'appliquer à des élections, ajoute Le Parisien/Aujourd'hui (page 6). Les 22 et 29 mars, les électeurs de chaque canton éliront donc pour six ans l'un des binômes homme-femme qui leur sont proposés, explique L'Humanité. Les binômes siégeront au conseil départemental et éliront le président ou la présidente du conseil qui dirigera le département.

A ce sujet, rappelle Le Parisien/Au­jourd'hui, "il n'y avait que 13% de femmes dans les conseils généraux sortants, dont seulement 6 sont aujourd'hui présidés par des femmes".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)