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La conférence sociale s’ouvre dans un climat morose

Les titres de la presse nationale se concentrent aujourd'hui sur la conférence sociale mais d'autres journaux évoquent également les inondations (Le Parisien/Aujourd'hui), l'évasion fiscale (Les Echos) ou le bilan du RSA (Le Monde). "Hollande : un sommet social pour quoi faire ?", interroge la "une" du Figaro, qui prévoit, "crise oblige", une conférence "beaucoup plus animée que l'année dernière".

"Retraites : à la recherche de LA ré­forme", titre La Croix, qui estime que "pour être acceptable, elle devra être juste et durable". De son côté, Libération voit "les syndicats au pied du mur". "De la CGT au Medef, les partenaires sociaux sont au cœur de la conférence sur l'avenir des retraites, l'emploi et les services publics", écrit le quotidien. Enfin, L'Humanité parle de "la conférence de toutes les urgences" et juge que "le débat promet d'être explosif sur les retraites et l'emploi".

Le président de la République ouvre ce matin la seconde grande rencontre entre les partenaires sociaux – prévue sur deux jours – afin d'amplifier la lutte contre le chômage et de lancer la réforme des retraites, indique Libération (page 2). Mais depuis la première conférence so­ciale, l'an dernier, "le climat a profondément changé", estiment Les Echos (page 2), qui soulignent que "les relations avec les syndicats se sont singulièrement compliquées. Mais aussi la situation économique et le marché du travail se sont profondément dégradés".

Le discours du chef de l'Etat, prévu à la mi-journée, dégagera les grands axes de la conférence. Suivront six tables rondes sur l'emploi et la formation professionnelle, l'avenir des retraites et de la protection sociale, l'amélioration des conditions de travail, le service public, les filières d'avenir et les emplois de demain, et enfin, l'Europe sociale, dont le contenu est détaillé dans Les Echos (page 3). Les tables rondes s'achèveront demain en fin de matinée. Chacune sera présidée par un ministre, par exemple, c'est Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, qui dirigera celle sur les retraites. Le chef du gouvernement clôturera la conférence vendredi en fin d'après-midi.

Si tout le monde s'accorde pour mettre l'emploi au cœur des débats, le financement des retraites sera certainement le "sujet central" de la conférence so­ciale, souligne Libération (page 5). Et sur ce sujet les positions sont diamétralement opposées : les syndicats rejettent un allongement de la durée de cotisation et le patronat refuse un relèvement du taux de cotisation. Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, propose le retour du droit au départ à 60 ans, un taux de remplacement du salaire de 75% et une meilleure prise en compte de la pénibilité, résume Libération (page 5). La CGT souhaite également une réforme du financement des retraites, note L'Humanité (page 4). De son côté, Laurence Parisot, qui dirige pour la dernière fois la délégation du Medef, avant de passer la main à Pierre Gattaz, estime qu'une hausse de cotisation est "inacceptable, inenvisageable, irresponsable".

En matière d'emploi, Laurence Parisot presse encore le gouvernement de revenir sur les 35 heures, relève Libération. De son côté, la "CFDT se concentre sur la formation", et demande un plan de mobilisation pour l'accompagnement des chômeurs, relève Libération. FO réclame la généralisation d'une prime de transport de 400 euros et la hausse du Smic à 80% du salaire médian. Quant à la CGT, elle souhaite que le recours abusif aux contrats précaires soit sanctionné.

A lire aussi dans la presse - RSA : le difficile retour à l'emploi

"Le pari perdu du retour à l'emploi", titre la "une" du Monde, qui évoque la mission parlementaire menée par le dé­puté socialiste, Christophe Sirugue, pour une refonte radicale du revenu de solidarité active (RSA). Il remettra son rapport fin juin. Quatre ans après son entrée en vigueur, le dispositif social destiné à favoriser le retour à l'emploi connaît de multiples ratés. Il se distingue aujourd'hui par un taux de non-recours particulièrement élevé. Ainsi, 68% des bénéficiaires potentiels ne le demandent pas, et les erreurs de paiement atteignent un niveau record. Chaque mois, des milliers de bénéficiaires du RSA doivent rembourser des sommes qui leur ont été versées à tort par les caisses d'allocations familiales (Caf). Ces "indus" peuvent provenir d'une tentative de fraude, mais le plus souvent, il s'agit d'une erreur de l'usager ou de l'organisme payeur. La diminution de ces dysfonctionnements est au cœur de la mission Sirugue.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)