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La bataille du centre

Le premier tour de l'élection présidentielle a été marqué par "un véritable retour à la normale". C'est l'analyse du directeur du département politique de l'Ifop dans Les Echos (page 5). Pour Frédéric Dabi, en matière de sociologie électorale, les électeurs ont retrouvé leurs comportements traditionnels : "Les personnes âgées ont voté Nicolas Sarkozy, les jeunes et les ouvriers plutôt à gauche, les ruraux à droite."

Toutefois, précise Libération (pages 2 à 15), les résultats laissent apparaître un abandon du traditionnel vote de classe. En effet, constate ce quotidien, sondage à l'appui, "celui qui fit la fortune de la gauche ouvrière et de la droite possédante s'estompe au profit d'un choix plus pragmatique, en fonction du discours, des valeurs et des programmes portés par chacun des candidats".

Pour le second tour, Le Monde (pages 1 à 13) se livre à un travail d'arithmétique. Selon ce quotidien, si l'on totalise toutes les voix réunies par la droite (UMP, FN, MPF et CPNT), on parvient à un total de 45,01%. A gauche, "l'addition des voix de la candidate PS avec celles de la gauche communiste, de l'extrême gauche et des écologistes dépasse à peine 36%", indique Le Monde.

Pour Les Echos, "même si Ségolène Royal rallie une bonne moitié des électeurs de François Bayrou, cela ne fait pas une majorité. Les socialistes espèrent donc soit gagner une plus grosse proportion de ses électeurs, soit que les centristes historiques préfèrent l'abstention à Nicolas Sarkozy. Ils espèrent aussi que le noyau dur des électeurs frontistes boudera les urnes le 6 mai…"

Dans cette course aux voix, les deux candidats ont lancé des signaux à François Bayrou. Une véritable "opération séduction", pour reprendre le titre du Parisien/Aujourd'hui. Pour autant, estiment Les Echos, "le patron de l'UMP ne se fait aucune illusion sur le soutien de François Bayrou : il n'aura pas lieu". De son côté, Ségolène Royal a proposé, hier soir à Valence, un "dialogue public" et ouvert avec François Bayrou. Il permettrait, a-t-elle expliqué, de "constituer des convergences autour d'une volonté de rénovation sans arrière-pensée et sans a priori".

Les idées convergentes entre les candidats en lice et François Bayrou sont d'ailleurs exposées dans Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 à 11). En matière de santé, la candidate socialiste appelle, comme le représentant de l'UDF, à la "création de dispensaires regroupant le personnel de santé en banlieue et en zone rurale". Le point commun existant entre le programme de l'UMP et celui de l'UDF concerne la "revalorisation des tarifs des médecins traitants".

En outre, tout comme le représentant de l'UDF, Ségolène Royal souhaite "réformer les régimes spéciaux des retraites via la négociation". Nicolas Sarkozy veut les supprimer définitivement. En revanche, il envisage d'augmenter les retraites du privé, à l'instar de François Bayrou. Un vœu également exprimé par Ségolène Royal.

Ces quelques éléments communs seront-ils suffisants pour orienter un quelconque appel au vote de François Bayrou ? Le président de l'UDF s'exprimera demain, "mais rien ne dit qu'il dévoilera alors toutes ses intentions", estime La Croix (pages 2 à 11).

A lire aussi - Dépassements d'honoraires : les propositions de l'Igas


Déjà partiellement dévoilé il y a une dizaine de jours, le rapport de l'inspection générale des Affaires sociales (Igas) sur les dépassements d'honoraires a été officiellement publié hier soir par le ministère de la Santé, indiquent Les Echos (page 6). Le ministre de la Santé, Philippe Bas, envisage l'organisation d'une réunion très prochaine avec les différents acteurs concernés par ce dossier "afin de prendre les mesures nécessaires pour éviter des dépassements d'honoraires abusifs", poursuit ce quotidien économique.

Les dépassements d'honoraires "représentent près de 2 milliards d'euros (sur 18 milliards d'honoraires)". Au cours de la dernière décennie, leur montant a été doublé, de sorte que la "solidarité nationale" a marqué "un recul". Pour remédier à cette situation, l'Igas propose plusieurs mesures, notamment de les "plafonner", voire de "les supprimer partiellement ou totalement". Cette inspection envisage aussi de donner un pouvoir de "sanctions financières" à l'assurance maladie en cas d'excès constaté.

S'il se dit "ouvert au débat", le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), Michel Chassang, s'oppose à ce que la réunion soit organisée avant le deuxième tour des élections. "Il n'est pas question de se faire instrumentaliser politiquement", fait-il savoir.