L’opposition aux franchises

Les trois franchises médicales préconisées par Nicolas Sarkozy n'ont pas la côte auprès des Français. Selon un sondage réalisé par La Tribune (pages 28 et 29), 61% d'entre eux sont opposés à ce nouveau dispositif censé générer une économie de 850 millions d'euros chaque année.

L'argument selon lequel cette somme permettra de "financer les nouvelles dépenses liées aux maladies dues à l'âge, notamment Alzheimer" ne semble pas avoir convaincu les assurés sociaux, relève ce quotidien économique. Une méthode d'ailleurs décriée par un expert dans le domaine des personnes âgées.

Dans une tribune publiée dans Libération (page 23), Luc Broussy écrit : "Face à l'opposition manifeste des Français au système des franchises, Nicolas Sarkozy a cru trouver la parade en expliquant que ces franchises serviraient la “bonne cause“, celle des vieux. Voilà pour la rouerie."

Dans le détail, note La Tribune, "les moins hostiles à la franchise sont les jeunes de 18 à 24 ans et les retraités de 65 à 74 ans". Ces derniers sont 48% à considérer ces mesures comme nécessaires, même si elles viennent s'ajouter au forfait de 1 euro sur les consultations.

"Les 30-49 ans ne sont que 34% à se prononcer en faveur de mesure de rigueur et 64% la rejettent", poursuit La Tribune. Ce sondage montre également que les artisans, commerçants et chefs d'entreprises soutiennent cette mesure à 48%. Un taux qui est de 34% pour les catégories sociales supérieures.

Le lieu de vie des sondés semble également avoir une incidence sur leur positionnement. "Les habitants de communes rurales apparaissent moins réservés (42% d'opinions favorables) que ceux des centres-villes (38% d'opinions favorables, 60% y sont opposés) et des banlieues (34% sont pour, 63% contre)", note La Tribune. Enfin, même au sein des partisans ou des sympathisants de l'UMP, cette mesure est rejetée par 52% d'entre eux.

Comme l'a déjà fait la Mutualité française, Jean-Claude Seys, vice-président de MMA et PDG de Covéa, monte au créneau contre le système de franchises. Dans un "Point de vue" publié dans La Tribune (page 35), il estime que celles déjà en vigueur "ne semblent pas avoir eu un effet sensible" dans la régulation des dépenses de santé. Ni sur la responsabilisation des patients.

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Selon les chiffres publiés hier par la direction des études (Drees) du ministère de la Santé, la consommation de soins a représenté l'an dernier 2.477 euros, en moyenne, par Français. Appliquée à toute la population, le montant total de ces dépenses atteint les 156,6 milliards d'euros, indique Le Figaro (page 23). Mais en considérant "les indemnités d'arrêt de travail, la recherche et l'enseignement médical, la prévention collective et la gestion du système de santé (assurance maladie, complémentaires, ministère de la Santé…), la dépense courante de santé frôle les 220 milliards", poursuit ce quotidien. Soit 3.138 euros par habitant.

Comme le relèvent Les Echos (page 2) la part prise en charge par la Sécurité sociale est en légère baisse (77% contre 77,2% en 2005). Une baisse qu'explique entre autres l'augmentation du forfait hospitalier et la diminution du taux de remboursement des consultations hors parcours de soin. Le restant des dépenses de santé est à la charge des complémentaires pour 13%, des ménages eux-mêmes (8,6%) de l'Etat, des collectivités et de la CMU complémentaire (1,4%), détaille Le Figaro.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)