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L’économie sociale change de physionomie

Alors que l'Assemblée nationale doit examiner le 13 mai le projet de loi censé "donner un coup d'accélérateur à l'économie sociale et solidaire", Les Echos (pages 34 et 35) se demandent si ce secteur économique n'a déjà pas entamé sa mue.

Depuis dix ans, remarque le quotidien, l'ESS a généré 400.000 emplois et ses besoins d'ici à 2020 sont estimés à 600.000 personnes. Et sous l'impulsion de Benoît Hamon, alors ministre de ce secteur dans le gouvernement Ayrault, des signes de changement étaient manifestes. Au point que certains acteurs du secteur se plaignent de son départ pour le ministère de l'Education nationale car, outre le fait qu'il "avait une vision et un calendrier (…), il a emporté presque toute son équipe".

Pour Valérie Fourneyron, secrétaire d'Etat chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Economie sociale et solidaire, qui succède à Benoît Hamon, le projet de loi "propose une vision inclusive qui va au-delà des acteurs statutaires et historiques : associations, coopératives, mutuelles et fondations".

Dans l'avenir, n'importe quelle entreprise pourra donc prétendre au statut de "social et solidaire" si elle respecte un certain nombre de critères : utilité so­ciale et environnementale, limitation de la rémunération des actionnaires, bonne gouvernance, échelle de salaires allant de 1 à 7. De fait, le caractère non lucratif de cette économie risque de se perdre car de nouveaux acteurs apparaissent : "Des entreprises classiques à vocation sociale inventent de nouveaux modèles économiques rentables dans des secteurs jusque-là réservés plutôt aux associations comme le social, l'inclusion et même l'aide au développement", écrivent Les Echos. Et elles "apportent avec elles des méthodes de management et de financement dignes de start-up de l'Internet".

Côté financement, le projet de loi introduit plusieurs possibilités, comme "la création des certificats mutualistes et une meilleure rémunération des titres associatifs, créés en 1985". Pour les entreprises, s'ajoute la possibilité d'agrément "Entreprise solidaire" qui donne accès à l'épargne salariale, complète le quotidien économique. Enfin, cet automne doit être créé "un système d'avances remboursables dédié à l'innovation sociale".

Cette métamorphose globale du secteur peut doublement s'expliquer : soit il s'agit d'un "coup de butoir libéral", soit d'une "maturité économique". Pour Les Echos, on assiste "à une confrontation entre la volonté de l'ESS de changer l'économie, et celle du capitalisme de faire accepter ses règles".

 

Report possible des élections régionales

Deux ans après son élection, François Hollande est intervenu hier sur BFMTV et RMC pour dresser un bilan de son action, mais aussi pour amorcer "une opération de reconquête en vue de la présidentielle de 2017", observe Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3). Par "tactique politique", selon Le Figaro (pages 2 à 4), le chef de l'Etat a également proposé le report d'un an des élections régionales et cantonales.

Prévues pour 2015, celles-ci pourraient finalement avoir lieu en 2016, le temps que la réforme territoriale voulue par François Hollande puisse se mettre en place. Pour l'opposition, et particulièrement pour le président de l'UMP, Jean-François Copé, ce changement de calendrier est qualifié de "tripatouillage électoral", rapporte Le Figaro. Le redécoupage territorial doit aboutir à la suppression d'une région sur deux, écrit Libération (page 10). Ainsi, "douze ou onze régions pourraient être la bonne carte", a indiqué hier le chef de l'Etat.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)