L’alicament ment

"Si vous avez du cholestérol, allez voir votre médecin plutôt que de visiter votre super­marché où vous auriez acheté des margarines et yaourts, étiquetés anticholestérol." Telle est, explique Libération (page 13), la recommandation principale du rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) consacré aux phytostérols, ces substances présentées comme bonnes pour le cœur, efficaces contre le mauvais cholestérol, et de plus en plus présentes dans les rayons de la grande distribution.

A la demande de l'association UFC-Que choisir, explique le quotidien, l'Anses a analysé ces "composés naturels présents dans les plantes, notamment les graines des oléagineux". Elles auraient pour vertu de réduire le niveau de cholestérol sanguin en diminuant son absorption intestinale, idée que le marketing agroalimentaire a introduite dans ses margarines et yaourts.

Grâce à la diminution du cholestérol sanguin, les maladies cardio-vasculaires sont appelées à diminuer. Or, poursuit Le Parisien/Aujourd'hui (page 14), "si les phytostérols contribuent bien à une réduction moyenne d'environ 10% de la cholestérolémie totale et de la teneur en mauvais cholestérol", la consommation des produits alimentaires enrichis n'a eu aucun effet chez 30 % des sujets. Par conséquent, estime l'Anses : "On ne peut donc pas conclure sur les effets des phytostérols sur la prévention des risques cardio-vasculaires."

Du surcroît, rapporte Libération, "ces produits ne sont pas neutres". Selon l'Anses, en effet, "la consommation d'aliments enrichis en phytostérols entraîne une augmentation des concentrations plasmatiques en phytostérols, dont les conséquences sur le risque cardio-vasculaire ne sont pas connues".

"Les promesses des industriels ne s'appuient sur aucune preuve scientifique", conclut Le Parisien/Aujourd'hui. L'Anses recommande même l'arrêt de la consommation de tels produits, ajoute Libé­ration, surtout pour les enfants ou les femmes enceintes.

 

Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne

L'ancien Premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, a été désigné, vendredi, pour succéder à José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne, à Bruxelles. Mission que lui ont confiée vingt-six des vingt-huit représentants des pays européens, les Britanniques et les Hongrois s'opposant à sa nomination.

Cette nomination "résulte moins d'un choix politique éclairé des dirigeants européens que de la dynamique démocratique amorcée il y a près d'un an par le Parlement européen", estiment Les Echos (page 6). Si le choix s'est porté sur Jean-Claude Juncker, remarque un diplomate européen, c'est parce qu'il est "le doyen du Conseil européen, il n'incarne pas la nouveauté. Mais ce qui est rassurant, c'est qu'on peut être sûr qu'il ne créera pas de crise et qu'il saura trouver des compromis".

Inconnu du grand public, poursuit Libération du samedi 28 juin, Jean-Claude Juncker est "le loup blanc de la scène européenne, le dernier des Mohicans, l'ultime vestige de l'Europe de Helmut Kohl et François Mitterrand. Lui-même se présente volontiers comme "le dernier survivant, avec l'euro, du traité de Maastricht", texte qu'il a contribué à façonner en 1991. Un dinosaure, donc, ridé et blanchi, qui fait bien plus que ses 59 ans et connaît par cœur la musique".

Chrétien démocrate et représentant du Parti populaire européen (PPE) arrivé en tête des élections européennes du 25 juin, Jean-Claude Juncker refuse d'être assimilé à un conservateur. Il milite pour un "socle européen des droits sociaux minimaux, incluant un salaire minimum", lit-on dans Libération. Certainement un héritage de son expérience longue de 17 ans à la tête du ministère du Travail luxembourgeois. Un poste qui explique également sa sévérité vis-à-vis des politiques européennes "qu'il juge parfois trop dures, souligne le quotidien, mais qu'il a pourtant entérinées à la tête de l'Eurogroupe à partir de 2005…".

Frédéric Lavignette

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