L’accès aux soins pour tous en Europe

"Nous demandons des systèmes de santé nationaux, universels, solidaires et équitables, ouverts à toute personne vivant dans l’Union européenne. L’accès aux soins de tous les enfants et de toutes les femmes enceintes doit être assuré immédiatement partout en Europe", exige l’association Médecins du monde (MDM), à la suite d’une enquête réalisée dans ses centres d’accueil, indique Le Parisien/Aujourd’hui (page 8). Elle a porté sur une vingtaine de villes situées dans huit pays : Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grèce, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suisse.

Parmi les constats effectués, on note que 43% des femmes enceintes suivies dans les dispensaires de l’association ont été prises en charge "trop tardivement", avec des conséquences parfois dramatiques. En raison des conséquences de la crise économique, la mortalité des nouveau-nés a augmenté en Grèce de 21,5% entre 2008 et 2011 ! "Seul un mineur sur deux, au mieux, est vacciné contre le tétanos, l’hépatite B, la rougeole ou la coqueluche. Dans certains pays, ce taux est inférieur à 30%", constate également MDM.

Les obstacles à l’accès aux soins sont, dans l’ordre : les problèmes financiers (25% des cas), les difficultés administratives (22,8%) et une mauvaise connaissance du système de soins (21,7%). Les ennuis de santé sont souvent couplés avec le mal-logement : 64 % des Européens interrogés ont un domicile temporaire et 34,8% d’entre eux le jugent nocif pour leur santé ou celle de leurs enfants.

En matière d’accès aux soins, la France "fait figure de modèle", estime Le Parisien/Aujourd’hui. La Suède est également bonne élève. Depuis 2013, elle permet à tous les enfants et à tous les sans-papiers nécessitant des soins "ne pouvant être remis à plus tard", d’être soignés gratuitement.

 

Ophtalmologiste : 108 jours d’attente !

Le problème des délais d’attente pour obtenir un rendez-vous a été soulevé hier par la Société française d’oph­talmologie, à l’ouverture de son 120e congrès, rapporte le quotidien La Croix (page 16). Le Dr Jean-Bernard Rottier, président du Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof), a présenté une étude réalisée auprès de 140 cabinets d’ophtalmologie (88% en ville et 12% à l’hôpital). Il en ressort que le délai moyen d’attente pour une visite de contrôle est de 108 jours. "Mais c’est une moyenne. Dans certains endroits, le rendez-vous est obtenu pour le lendemain. Dans d’autres, il est obtenu au bout d’un an", précise le Dr Rottier.

Pour réduire ces délais, le Snof recommande la délégation des tâches, un re­mède souvent prescrit pour pallier la démographie médicale. L’idée consiste à confier certaines missions à des orthoptistes ou des paramédicaux. "Cela a déjà commencé, souligne le Dr Rottier. Aujourd’hui, environ 20% des cabinets d’ophtalmologie travaillent avec des orthoptistes salariés, qui accueillent le patient et réalisent certains examens de base, notamment la mesure de l’acuité visuelle ou la tension oculaire. Ensuite, le patient est vu par le médecin, qui n’a pas besoin de refaire ces examens."

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)