Insee : comment la crise a impacté le niveau de vie des Français

Depuis le début de la crise, en 2008, le niveau de vie des Français a généralement baissé, mais celui des ménages pauvres a davantage été impacté que celui des plus aisés. Selon le dernier rapport annuel sur les revenus et le patrimoine des Français, publié ce mardi 28 juin 2016 par l'Insee, le niveau de vie médian a baissé de 1,1% entre 2008 et 2013, rapportent Les Echos. Il est de 1.667 euros mensuels pour une personne seule en 2013. Pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans, il s'établit à 3.500 euros.

Toujours entre 2008 et 2013, le niveau de vie des 10% de Français les plus démunis a baissé de 3,5%, tandis que celui des plus aisés ne marquait qu'un recul de 1,3%.

Ainsi, poursuit L'Humanité dans un article intitulé "Les plus modestes paient la crise" (page 10), "en 2013, l'institut chiffre le nombre de personnes vivant en France en dessous du seuil de pauvreté (établi pour 2013 à 1.000 euros mensuels, correspondants à 60% du revenu médian) à 8,6 millions". Soit 14% de la population.

De l'autre côté, observe à son tour La Croix (page 12), "les revenus des plus riches auront fait mieux que résister". "La progression continue des années précédentes est certes freinée par la baisse des revenus financiers, mais elle se poursuit au moment où la crise s'installe", souligne le quotidien. Tout au moins dans un premier temps : d'après l'Insee, les 20% de ménages les plus aisés ont en effet vu leur niveau de vie augmenter de 0,7% par an entre 2008 et 2011.

"Avec des pauvres devenus plus pauvres et des riches qui voient leurs revenus augmenter, les inégalités s'accroissent mécaniquement", écrit La Croix.

Ce fossé cesse toutefois de se creuser dès fin 2011, à partir du moment où "le niveau de vie des plus modestes cesse globalement de baisser", et ou celui des plus riches commence à être, lui aussi, atteint par la crise (baisse des taux d'intérêts et des revenus d'activité, hausse de la fiscalité).

Au final, et contrairement aux idées reçues, notent Les Echos, la période 2011- 2013 voit une diminution des inégalités. Seulement, tempère le quotidien, "cette réduction ne s'explique pas par l'enrichissement des plus pauvres". Des pauvres qui commencent à l'être de plus en plus tôt, souligne L'Humanité : d'après l'Insee, la pauvreté touchant les enfants a progressé de 2,6 points entre 2008 et 2012.

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Frédéric Lavignette

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