Impôts : le changement de cap du gouvernement

Contrairement avec ce qui avait été annoncé par le Premier ministre, la taxe d'habitation et l'impôt de solidarité sur la fortune seront supprimés.

Il y a quelques jours, se référant à l'audit mené par la Cour des comptes, le Premier ministre, dénonçait le dérapage du déficit budgétaire de 8 milliards d"euros laissé en héritage par le précédent gouvernement. Lors de son discours de politique générale, Edouard Philippe, ajournait certaines promesses de campagne du candidat Macron.

Mais dimanche, le président de la République a décidé de faire "volte-face", selon la formule du Figaro. Ainsi, le programme fiscal qu'il avait promis durant la campagne sera bel et bien maintenu. Et cela, "peu importent les grincements de dents de l'administration de Bercy". La taxe d’habitation devrait donc être supprimée, poursuit par ailleurs le quotidien, au même titre que l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Ce "gros cafouillage sur les impôts", pour utiliser l'expression du Monde, est peut-être le signe que tout ne serait que "tâtonnement en Macronie". A moins que ce ne soit, observent Les Echos, une façon de "composer face au ras-le-bol fiscal".

En tout cas, grâce à ce "rétropédalage", note Le Parisien, 80% des contribuables seront concernés par la suppression de la taxe d'habitation, qui sera mise en place dès l’an prochain. Il n'en reste pas moins que l'Etat devra trouver urgemment les 4,5 milliards d'euros nécessaires pour boucler son budget 2017.

Sur ce point, le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, entend faire reposer "l'intégralité des mesures sur les efforts de l'Etat, mais sans suppressions de postes ni coup de rabot sur les minimas sociaux", annonce Le Parisien.

Dans un entretien accordé au journal, le ministre prévient que "ni les collectivités locales, ni la Sécurité sociale ne seront mises à contribution". De même, les "services publics rendus aux Français" ne seront pas atteints, ni les impôts augmentés. C’est plutôt "le train de vie des ministères" qui sera visé.

Pour sa part, le Premier ministre n'aurait pas "pris ombrage" de la décision d’Emmanuel Macron de renouer avec ces deux promesses de campagne, signalent les Echos. La situation, néanmoins, "montre que les grands choix se font toujours à l'Elysée".

A lire aussi dans la presse

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)