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Hôpital : un été sous tension

La période estivale est toujours compliquée pour les services hospitaliers, notamment les urgences, en raison de la hausse de l'activité.

"Nous n'avons encore jamais fermé le service, mais c'est ce qui risque d'arriver si nous ne trouvons personne pour assurer les gardes d'août", prévoit le chef d'un service d'urgence-Smur du nord de la France, interrogé par Le Figaro. A la veille des vacances, certains hôpitaux n'ont donc pas encore bouclé leurs plannings de l'été.

Dans les services d'urgence d'Ile-de-France, il pourrait manquer des praticiens pour assurer 531 journées de douze heures dans les services d'urgence en juillet et 711 journées en août, qualifié de "période la plus critique" dans un rapport de l'agence régionale de santé (ARS).

"La période estivale est toujours compliquée. Mais c'est de pire en pire car nous assistons à une diminution des effectifs de médecins, couplée à une augmentation de l'activité", explique, dans Le Figaro, François Braun, président de Samu-Urgences de France. Selon lui, "une centaine de services sont en danger cet été". De façon générale, dans les services d'urgence d’Ile-de-France, l'ARS estime qu'au moins 148 postes d'urgentistes étaient vacants au 1er janvier 2018 (contre 103 en 2016).

"La vraie maladie de l'hôpital, c'est son manque d'attractivité", estime Gérald Kierzek, médecin urgentiste, particulièrement dans des spécialités réputées "pénibles" (anesthésie-réanimation, médecine d'urgence, gynécologie…). Selon le Conseil national de l'Ordre des médecins, "de 20% à 25% des postes ne seraient pas pourvus" (toutes spécialités confondues), souligne Le Figaro.

Pour pallier le déficit, les hôpitaux publics doivent embaucher des médecins intérimaires. Mais leur rémunération coûte cher. Selon le rapport de l'ARS d'Ile-de-France, le nombre d'heures d'intérim dans les structures d'urgence a doublé entre 2015 (15.429 heures) et 2017 (33.780 heures).

La tension avec les médecins intérimaires est montée d'un cran cette année, car leur salaire a été plafonné. Depuis janvier, ils touchent 1.404 euros brut par garde de vingt-quatre heures, un montant qui devrait baisser à 1.170 euros en 2020.

"Les médecins remplaçants ne peuvent accepter d'être désignés comme les boucs émissaires des difficultés et du déficit des hôpitaux publics", expliquent, sur leurs sites, les médecins intérimaires, qui selon leur porte-parole demandent également une "revalorisation du statut de praticien hospitalier".

Face à cette situation, l'ARS d'Ile-de-France vient de "faire appel à la solidarité régionale en promouvant le "Pool régional de volontaires urgentistes", qui compte à ce jour 27 volontaires". Elle sollicite également la réserve sanitaire, composée surtout de médecins retraités.

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John Sutton

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