Hépatite C : un traitement au « coût prohibitif »

Tous les patients atteints d'hépatite C chronique et arrivés à un stade sé­vère de la maladie devraient pouvoir bénéficier des nouveaux antiviraux à action directe, recommande la Haute Autorité de santé (HAS). Ces nouvelles thérapeutiques, dont fait partie le Sovaldi® (sofosbuvir), du laboratoire américain Gilead, sont nettement plus efficaces et ont nettement moins d'effets secondaires que le traitement de référence actuel, explique le cahier science & médecine du Monde (page 2). Son efficacité en matière de réponse virologique est en effet de 90%. "Il n'est donc pas abusif de parler de révolution thérapeutique", estime Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherche sur le sida et les maladies virales (ANRS).

Mais le coût faramineux du Sovaldi® – plus de 19.000 euros la boîte, soit environ 50.000 euros pour l'intégralité du traitement qui dure trois mois – inquiète vivement les autorités sanitaires. Au total, "sur une moyenne de quatre mois de traitement pour 25?000 patients par an, cela fait 1,9 milliard d'euros par an, soit 7% du budget annuel du médicament de la France. A ce prix-là, c'est un véritable hold-up !", dénonce, dans Le Monde, Frédéric van Roekeghem, directeur général de la Cnam. En raison du coût prohibitif des traitements et du nombre de patients à traiter, la HAS "a estimé de son devoir de préciser les indications en fonction du degré d'urgence", a annoncé le Pr Jean-Luc Harousseau, président du collège de la HAS.

La France a lancé récemment une initiative pour tenter d'obtenir de l'industrie pharmaceutique une baisse des prix de ces nouveaux traitements de l'hépatite C. Elle a reçu le soutien de 14 partenaires européens, dont celui de l'Allemagne et de la Commission européenne. En France, le Comité économique des produits de santé négocie actuellement avec Gilead-France.

Gérard Bapt, rapporteur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), vient d'ailleurs d'adresser une lettre au président de ce laboratoire, rapportent Les Echos (page 14). Le député socialiste y épingle le prix actuel du médicament. Si le prix demandé par Gilead était accepté dans le cadre d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) cela nécessiterait un budget "de plus de 3 milliards d'euros", pour traiter "les 60.000 malades les plus graves". Gérard Bapt juge injustifiables des prix aussi élevés car le coût de fabrication, s'agissant d'un produit obtenu par synthèse chimique, ne serait que "de 200 euros" par traitement.

 

Conférence sociale : dialogue difficile

La 3e conférence sociale, déjà boycottée par la CGT, FO et Solidaires, a connu hier une troisième défection, celle de la FSU, syndicat d'enseignants. Selon Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, François Hollande "ne donne pas le sentiment que les organisations syndicales de salariés sont de véritables partenaires", indique-t-elle dans Libération (pages 10 et 11). "On ne va pas faire comme si. Le dialogue social n'est pas mené comme il convient, il est unilatéral."

"Les sept tables rondes, un peu clairsemées, se sont poursuivies toute la journée de mardi", constate Libération. "La CFDT est là, parce qu'il y a cinq millions de chômeurs. Notre responsabilité est d'essayer de trouver des solutions et nous n'en trouverons pas si nous ne confrontons pas nos points de vue", a déclaré son secrétaire général, Laurent Berger.

Dans son discours de clôture, le Premier ministre a tancé le patronat sur le pacte de responsabilité. "La mobilisation dans les branches n'est pas encore à la hauteur", a-t-il affirmé. Quant au boycott des quatre syndicats, Manuel Valls ne veut pas "lui donner une portée excessive". Il a prévenu les syndicats contestataires qu'un "refus prolongé du dialogue serait une posture incompréhensible".

"Il n'y a pas eu échec", "je considère que nous avançons", a-t-il déclaré hier au journal de 20 heures de TF1. "Les rendez-vous avec tous les partenaires sociaux sont prévus au mois de septembre sur l'investissement des entreprises et les collectivités publiques, sur l'apprentissage des seniors", a assuré le chef du gouvernement.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)