Handicap : l’emploi progresse

C'est aujourd'hui que débute la 11e semaine pour l'emploi des handicapés. Dans ce domaine, la mise en place de la loi handicap, en février 2005, a visiblement permis de réaliser des progrès. En effet, selon Les Echos (page 6), 715.000 personnes disposaient d'un emploi fin 2006, soit 5% de plus que l'année précédente. L'autre point positif, poursuit le journal économique, concerne la création d'entreprises par les personnes en situation de handicap. Elle a connu une hausse de 3%.

Malgré ces observations, fait observer le supplément "Réussir" du Figaro (page 3), "le taux de chômage de cette population atteint encore les 20%, contre 9% pour les valides". C'est, pour l'heure, l'un des échecs de la loi handicap qui n'a pas produit l'effet escompté sur toutes les entreprises, à savoir l'obligation d'employer 6% de salariés handicapés.

D'après Les Echos, les grandes entreprises ont été plus sensibles que les PME à cette embauche. Près de 23.000 de ces dernières (entreprises de moins de 100 salariés) "ne comptent toujours aucun handicapé", précise le quotidien économique. Il faut dire que c'est "dans les PME que les préjugés sont les plus ancrés", estime Le Figaro. Avec l'embauche d'une personne handicapée, on redoute notamment "une prise de risque", explique une directrice de cabinet de recrutement.

Selon la loi de février 2005, cette résistance pourra être sanctionnée, rappelle Pierre Blanc, directeur général de l'Association nationale de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées (Agepih). "Les employeurs qui ne respecteront pas les 6% devront désormais verser une contribution annuelle variant, selon leur taille, entre 400 et 600 fois le Smic horaire par salarié manquant, au lieu de 300 à 500 fois jusqu'ici. Quant à celles dont le taux d'emploi sera toujours égal à 0% en 2010, elles devront acquitter une contribution encore plus lourde, égale à 1.500 fois le Smic horaire", détaille-t-il dans La Croix (page 11). Aussi, annonce, dans son supplément de novembre, 20 minutes l'Agepih propose aux 23.000 entreprises qui ont jusqu'alors négligé cet emploi "un diagnostic gratuit de leur situation".

Pour encourager davantage l'emploi des personnes en situation de handicap, cette association estime que le travail intérimaire est un bon recours. Elle a en effet constaté que 45% des intérimaires handicapés finissent par obtenir un CDI.

Elle envisage également de développer la formation de ces demandeurs d'emplois car "80% d'entre eux ont un niveau inférieur ou égal au BEP ou au CAP, et ne sont donc bien souvent pas directement employables", observe Pierre Blanc.

A lire aussi – Réforme des retraites au programme 


Le mouvement de grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite sera le "premier bras de fer social" entre syndicats et gouvernement, estime Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 à 5). Selon ce quotidien, que ce soit à la SNCF, à la RATP, à EDF, GDF, à la Comédie française ou chez les clercs de notaires, 1,6 million de personnes sont concernées par ce mouvement. Cette réforme, qui vise à augmenter de 37,5 à 40 annuités la durée des cotisations pour partir avec une retraite à taux plein, doit entrer en vigueur le 1er juillet 2008.

Toutefois, note La Croix (page 16), au-delà de cette réforme des régimes spéciaux, "la commission de garantie des retraites (CGR) recommande au même gouvernement d'allonger celle des salariés et des régimes alignés pour la porter de 40 annuités aujourd'hui à 41 en 2012". Selon les estimations de cette commission, l'allongement de l'espérance de vie fait qu'une majoration progressive à compter de 2009 permettra de "maintenir constant" la durée de cotisation de sa retraite. Ainsi, le passage de 40 à 41 ans de cotisation devrait se faire à raison d'un trimestre supplémentaire par an entre 2009 et 2012.

Toujours selon La Croix, le gouvernement devrait se prononcer sur ces recommandations avant le 31 décembre. Il compte aussi intégrer "d'autres paramètres non moins déterminants : les évolutions de la situation de l'emploi et la situation financière des différents régimes de retraites".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)