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Grippe : « lourd bilan » en perspective

Le bilan de l'épidémie de grippe sera "probablement lourd", a averti hier la ministre de la Santé, appelant au report des opérations non urgentes pour désengorger les hôpitaux. Une réunion sur l'épidémie se tient ce matin à l'Elysée.

Alors que les urgences sont prises d'assaut par les malades de la grippe, Marisol Touraine a reconnu mercredi que "le bilan de l'épidémie sera probablement lourd". Cette maladie s'est déclarée tôt cette année et devrait connaître son pic la semaine prochaine en France, indiquent Les Echos. Une réunion sur l'épidémie est prévue ce matin à l'Elysée, en présence de la ministre de la Santé, du directeur général de l'AP-HP, Martin Hirsch, et de l'ARS d'Ile-de-France.

En quatre semaines, 784.000 personnes ont consulté un médecin pour une grippe. 627 personnes gravement atteintes ont été admises en réanimation, parmi lesquelles 52 sont décédées, selon Santé publique France, qui précise que 85% d'entre elles étaient âgées de 65 ans ou plus. Le souvenir de la surmortalité de l'hiver 2014-2015 (18.300 victimes) est dans toutes les mémoires.

Marisol Touraine a envoyé hier une instruction aux établissements hospitaliers afin qu'ils fassent de la place aux malades, qu'ils rappellent le personnel soignant en congés, et repoussent des opérations chirurgicales programmées.

Pour le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, "les directeurs d'hôpitaux n'ont pas attendu une instruction ministérielle pour faire leur travail", souligne-t-il dans Les Echos. Les établissements "font face", assure-t-il, même s'ils sont sous tension. Cela est dû, selon lui, à "la défaillance de la médecine libérale", mais aussi aux capacités d'accueil qui se réduisent. "On a peut-être fermé trop de lits", avance-t-il, en citant les 16.000 suppressions de lits exigées sur la période 2015-2017.

Par ailleurs, le directeur général de la Santé, Benoît Vallet, suggère que la vaccination des soignants devienne obligatoire. C'est aussi l'avis de patients, comme Suzanne, âgée de 94 ans, interrogée par Le Parisien. Comme chaque année, elle est allée chez son médecin se faire vacciner contre la grippe. "Pourquoi ceux qui nous vaccinent ne doivent-ils pas eux-mêmes être vaccinés ?", interroge-t-elle. "Face à la situation, ne pourrait-on pas rendre la vaccination des soignants obligatoire ? Au moins dans les maisons de retraite !", poursuit cette habitante de Saint-Michel-sur-Orge (Essonne).

En écho, Philippe Sansonetti, professeur à l'Institut Pasteur et au Collège de France, considère qu'il "faut créer une bulle de protection autour des personnes âgées, qui sont fragiles et ont un système immunitaire qui devient déficient. Cela veut dire que la vaccination des personnels dans les maisons de retraite est indispensable, comme celle des familles qui leur rendent visite. N'oublions pas que l'on peut transmettre la maladie sans en avoir eu soi-même les premiers symptômes !". L'obligation vaccinale des personnels de santé a été suspendue en 2006.

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John Sutton

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