Grippe A : les généralistes veulent vacciner

Tous les syndicats de médecins libéraux demandent à pouvoir vacciner contre la grippe A/H1N1 au sein de leur cabinet. Or, selon le dispositif arrêté, la vaccination doit se faire dans des centres dédiés, comme des gymnases, par exemple.

"Prétendre vacciner à large échelle en court-circuitant ceux qui connaissent le mieux les Français, les généralistes et les pédiatres, c’est prendre tous les risques d’un échec", estime Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), dans les colonnes du Figaro (page 16). Le principal syndicat de médecins généralistes, MG-France, est sur la même longueur d’onde. Il juge "cette implication nécessaire pour obtenir une adhésion de la population".

C’est là que le bât blesse, comme le montre un sondage publié dans Le Journal du dimanche (page 12). A la question : "Personnellement, avez-vous l’intention de vous faire vacciner ?", seules 7% des personnes interrogées répondent "oui, certainement" et 13% "oui, probablement". Comment expliquer les réticences de la grande majorité des Français ? Sans doute par le fait que le virus est perçu comme bénin.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne s’est pas bousculé la semaine dernière dans les 1.600 centres de vaccination. Ce week-end, des responsables de la santé publique et des spécialistes de cette grippe sont montés au créneau pour convaincre l’opinion publique de se faire immuniser. Samedi, le Conseil national de l’Ordre des médecins a rappelé à ses adhérents leur double devoir : celui "de participer à la campagne de vaccination" et celui de "rester en bonne santé" pour ne pas "risquer d’être eux-mêmes des vecteurs de la pandémie", rapporte Le Journal du dimanche.

Dans un entretien au Figaro (page 16), le Pr Antoine Flahault, ex-responsable du réseau de surveillance de la grippe, explique que "le vaccin doit être compris comme une sorte de police d’assurance individuelle que l’on souscrit dans l’hypothèse, même peu probable, d’une complication grave".

Si les Français boudent la vaccination c’est aussi parce qu’ils en craignent les effets secondaires. Le bilan hebdomadaire publié vendredi par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) ne va pas les rassurer. Il fait état de 91 cas d’effets indésirables (sur 100.000 personnes vaccinées), dont 4 considérés comme "graves". Parmi ces derniers, un cas de syndrome de Guillain-Barré, apparu chez une professionnelle de santé de 37 ans, note La Croix (page 6). Des investigations sont en cours pour savoir si ces effets sont, ou non, liés au vaccin.

A lire aussi dans la presse - Le Sénat revient sur les génériques "obligatoires"

Le Sénat, qui a achevé ce week-end l’examen du PLFSS pour 2010, est revenu sur certaines dispositions votées par l’Assemblée nationale. C’est notamment le cas de l’obligation faite aux médecins de prescrire de préférence des médicaments génériques, sauf à expliquer en quoi le cas du malade nécessitait un médicament princeps, explique Le Figaro-économie (page 23). Inapplicable, ont estimé les sénateurs, qui ont en revanche validé la possibilité pour un générique d’être de la même forme et de la même couleur que le médicament originel.

D’autre part, le Sénat a refusé de voter le report de 2012 à 2018 de la convergence des tarifs entre les cliniques et les hôpitaux publics, relève La Tribune (page 4). Enfin, les sénateurs ont adopté un amendement améliorant la couverture d’assurance des gynécologues-obstétriciens libéraux. Estimant le texte insuffisant, le syndicat des obstétriciens Syngof appelle à poursuivre la grève des accouchements dans les cliniques privées, précise Le Figaro-économie.

A lire aussi dans la presse - Cancer : les meilleurs établissements

Aujourd’hui en France (pages 1 à 3) publie le palmarès des meilleurs hôpitaux et cliniques dans la prise en charge et le traitement des cancers. Ce classement, réalisé par Santéclair, société spécialisée dans la gestion du risque santé, confirme de grandes disparités entre les régions. "Seul un établissement sur deux pratiquant la chirurgie du cancer offre une qualité de soins suffisante", note le quotidien. Sur 896 hôpitaux et cliniques prenant en charge le cancer de l’appareil digestif, seuls 10% obtiennent "trois étoiles". C’est notamment le cas de trois établissements mutualistes : la clinique Jules-Verne à Nantes, la clinique de Saint-Etienne et l’Institut mutualiste Montsouris à Paris (Aujourd’hui en France page 3).

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)