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Grève des transports : ouverture de négociations

Nouvelle étape pour le mouvement de protestation contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. Il y a tout d'abord l'ouverture, aujourd'hui, de négociations à la SNCF et à la RATP. Second élément : l'intervention, hier, du président de la République, événement qui fait la "une" de la plupart des quotidiens nationaux. "Sarkozy monte en première ligne face à l'agitation sociale", titrent Les Echos. Ce quotidien économique indique que le chef de l'Etat devrait intervenir "jeudi ou vendredi" à la télévision.

"Déterminé mais ouvert", commente, pour sa part, Le Parisien/Aujourd'hui. "Il faut savoir terminer une grève lorsque s'ouvre le temps de la discussion", a affirmé hier Nicolas Sarkozy, qui s'exprimait devant le congrès des maires de France. Le président de la République a évoqué les "millions de Français (...) exaspérés d'avoir le sentiment justifié d'être pris en otages", et a promis "des initiatives" sur le pouvoir d'achat dans quelques jours. Pour Libération (page 5), Nicolas Sarkozy "laisse ses ministres en première ligne du conflit".

"Les Français demandent à Sarkozy de ne pas céder", titre Le Figaro. Ce quotidien s'appuie sur un sondage selon lequel 69% des Français souhaitent que "le gouvernement reste ferme dans les négociations qui débutent aujourd'hui".

Les conséquences du "succès" de la mobilisation des fonctionnaires divisent les éditorialistes. Il y a ceux qui estiment que "la minorité ne peut plus faire régner la loi", comme Nicolas Barré dans Le Figaro (page 19) et ceux qui entrevoient "un terrain possible pour le compromis", tel Laurent Joffrin dans Libération (page 2). "Il faut le rappeler : la grève dans les entreprises publiques de transports est minoritaire depuis jeudi dernier, poursuit Nicolas Barré. Autrement dit, cela fait plusieurs jours que le conflit a profondément changé de nature : ce n'est plus la base (...) qui refuse de travailler, mais des durs, qui, depuis le début, n'ont jamais voulu négocier."

La tonalité est moins tranchée pour l'éditorialiste de Libération. "Après le succès des manifestations d'hier, le mouvement de protestation contre la réforme des régimes spéciaux se trouve devant une alternative", estime Laurent Joffrin. Avant d'ajouter : "Une partie des salariés concernés veut poursuivre le mouvement", tandis que "sans trop le dire, la majorité des responsables syndicaux ont accepté le diagnostic général sur la situation des retraites : l'allongement de la vie déséquilibre la plupart des régimes".

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Un accord est intervenu hier en Commission mixte paritaire (CMP) sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2008. L'une des mesures principales est l'instauration de franchises sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires. Cette disposition a été votée dans les mêmes termes à l'Assemblée nationale et au Sénat, rappelle La Tribune (page 29). La CMP a maintenu l'amendement des sénateurs au dispositif de taxation des stock-options et distribution d'actions gratuites, mais cette disposition ne s'appliquera qu'à partir de 2011.

"Les spécialistes exerçant en secteur 2 (honoraires libres) peuvent dire merci aux sénateurs. Ils n'auront pas à respecter une “proportion minimale“ d'actes rémunérés au tarif Sécu, comme le prévoyait un amendement voté par les députés", ironise Aline Gérard dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 10). "La question épineuse des dépassements d'honoraires (ils représentent selon un récent rapport de l'Igas, 2 milliards d'euros sur un total de 18 milliards d'euros d'honoraires) reste donc entière", conclut Le Parisien/Aujourd'hui.

Deux autres amendements du Sénat ont été supprimés : la création d'une contribution sociale sur les boissons sucrées et l'obligation pour les employeurs d'embaucher au moins 8% de salariés de 55 ans et plus dans leur effectif total.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)