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Génériques : la France à la traîne

Le taux de pénétration des génériques sur le marché français des médicaments en 2013 n'a pas excédé 31% en volume, et 19% en valeur, rapportent Les Echos (page 21), en s'appuyant manifestement sur des chiffres du Gemme, le syndicat des fabricants de génériques. Un résultat à comparer à ceux observés chez nos voisins tels que l'Allemagne ou la Grande-Bretagne, qui affichent des taux de 75% en volume et de 30 à 35% en valeur.

Cette "inertie" française s'explique surtout par "la façon de prescrire des médecins", écrit le quotidien. En effet, seules 37% des ordonnances rédigées portent sur des produits pour lesquels des génériques existent. Les médecins "prescrivent de préférence le produit qui est encore sous brevet et non celui qui est génériqué", déplore la déléguée générale du Gemme, Catherine Bourienne-Bautista.

Selon cette représentante, il y a en­core en France "une non-adhésion" à ces copies de médicaments, au point que certains praticiens préfèrent parfois changer de molécule plutôt que d'avoir à choisir entre un produit et son générique.

C'est particulièrement le cas dans le traitement des pathologies lourdes : les médecins de ville se contentent souvent de reconduire un traitement initié à l'hôpital, "avec les médicaments les plus récents sous brevets".

La mise en place, en mai 2012, de la mesure dite du "tiers payant contre génériques" a toutefois permis de "forcer la croissance du marché". Grâce à cet accord, souligne Etienne Lefebvre dans son éditorial (page 9) intitulé "La bataille des génériques", les pharmaciens pratiquent la substitution à 85%. En dépit des effets "spectaculaires" au départ, il semble qu'il n'y ait plus grand-chose à attendre de cette mesure aujourd'hui, juge l'éditorialiste.

Pour favoriser l'essor des génériques, et par là même réduire les dépenses publiques, "il s'agit désormais de s'attaquer aux causes profondes qui font que le marché français des génériques reste un nain comparé à ses homologues allemands ou anglais". Pour cela, note Etienne Lefebvre, il faut bien entendu modifier les habitudes de prescription des médecins, envisager une baisse des tarifs mais aussi élargir le répertoire, c'est-à-dire la liste des médicaments "génériquables".

En ce sens, annoncent Les Echos, "une première réponse va être apportée avec la possibilité de copier les biomédicaments, et non plus seulement les médicaments dont la composition chimique est imitable".

A lire aussi dans la presse - Comprendre les chiffres du chômage

C'est ce soir que seront communiqués les chiffres du chômage pour le mois de décembre. Même s'il ne réserve pas de bonne surprise, le résultat est attendu car il permettra de vérifier si François Hollande est parvenu au cap qu'il s'était fixé : "Inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année 2013".

Invité du "Grand rendez-vous Europe 1-i-Télé-Le Monde", Michel Sapin, a évoqué hier "une situation de stabilisation" plutôt qu'une inversion, ce qui est "déjà considérable", a-t-il estimé. Pour le ministre du Travail, rapporte Le Figaro (page 25), "l'année 2013 aura été une année de bataille menée avec efficacité contre la montée du chômage", particulièrement chez les jeunes. Et pour seul signe de décrue, il cite les "5.500 chômeurs supplémentaires au troisième trimestre", contre "plus de 30.000 au premier trimestre".

Ce rendez-vous régulier avec le nombre de demandeurs d'emploi est souvent l'occasion, en particulier pour l'opposition, de contester les statistiques. Il est vrai que leur compréhension est assez complexe. Comment s'y retrouver dans le maquis des chiffres ? C'est l'objectif de la double page que publie ce matin Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3). Ainsi, explique le quotidien, c'est la direction de l'Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques (Dares) qui fournit les résultats au gouvernement "vingt-quatre heures seulement avant la publication officielle fixée à 18 heures le jour  J."

Selon son directeur, Antoine Magnier, la Dares travaille dans le secret et "en toute indépendance professionnelle", d'autant que depuis 2008, une loi interdit toute pression politique de l'exécutif sur son service, complète Le Parisien. Le journal explique pourquoi les chiffres peuvent être différents d'une source à l'autre (Dares, Insee, Eurostat…) et interroge l'économiste Jean-Hervé Lorenzi sur leur fiabilité. Pour celui-ci, les statistiques ne sont pas à remettre en cause, car "elles sont transparentes", à la différence des politiques. "Le vrai sujet", à ses yeux, c'est ce que ces derniers "font dire aux chiffres".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)