Forte hausse des dépenses maladie : +4,9% en 2014

Les dépenses du régime général de l’assurance maladie ont progressé de 3,3% en 2014, notamment en raison des prix exorbitants des nouveaux traitements contre l’hépatite C, a annoncé hier la Cnam, citée dans La Croix (page 11). Cette hausse est donc supérieure à l’objectif de croissance de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam), fixé à + 2,7% lors du vote du PLFSS pour 2014.

L’assurance maladie note "une croissance très forte des remboursements des produits de santé" (médicaments et dispositifs médicaux) par rapport aux années précédentes : + 4,9% en 2014, contre + 1,1% en 2013. Dans le détail, "les remboursements des médicaments délivrés en ville décroissent faiblement en 2014 (– 0,6%, contre – 0,1% en 2013, et – 1,6% en 2012)", mais "les remboursements dits de rétrocession hospitalière (médicaments prescrits en ville, mais délivrés à l’hôpital) augmentent de près de 70%".

"Cette forte hausse est intégralement liée à l’arrivée de nouveaux médicaments efficaces et onéreux" contre l’hépa­tite C", explique la Cnam. "Le dérapage initial est dû essentiellement au Sovaldi® (…). A cause de lui, le coût des médicaments inscrits sur la liste des rétrocessions hospitalières a quasiment doublé (+ 93%)", précisent Les Echos (page 2). Rappelons que le prix du Sovaldi®, du laboratoire américain Gilead, a été renégocié par le gouvernement en novembre, pour atteindre 41.000 euros pour douze semaines de traitement (contre 57.000 euros auparavant).

D’autres postes de dépenses évoluent également de façon inquiétante, relève Le Figaro-économie (page 17). Les soins d’auxiliaires médicaux (infirmières libérales, kinés) ont bondi respectivement de 5,4% et de 5%. Cela s’explique d’abord par des effectifs toujours plus importants de ces professions exerçant en libéral, estime le supplément économique du Figaro. Le ministère de la Santé y voit surtout "le résultat du virage ambulatoire souhaité par la ministre".

Enfin, Le Figaro-économie soulève "le mystère des remboursements des arrêts maladie", lesquels ont augmenté de 4% en 2014, faisant suite à une baisse de 0,7% en 2013. La Cnam a lancé un groupe de travail sur le sujet.

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"Un patient sur deux pourra-t-il, dès 2016, se faire opérer en restant à l’hôpital moins d’une journée ?", interroge Le Figaro-économie (page 19). "La tendance de progression actuelle n’est pas suffisante pour atteindre l’objectif d’une pratique ambulatoire majoritaire à l’horizon 2016", comme l’a fixé la ministre de la Santé, tranche un rapport de l’Igas et de l’IGF (Inspection des Finances). Les deux inspections générales retiennent plutôt l’horizon 2018, "qui permet raisonnablement de mettre en œuvre les réformes proposées".

"Cette nouvelle donne nécessite des locaux repensés et des équipes formées à l’organisation des prises en charge en ambulatoire", recommandent les auteurs du rapport, cités dans le supplément économique du Figaro. De plus, l’Igas et l’IGF rappellent que "tous les patients ne sont pas éligibles" à l’ambulatoire, de par la lourdeur de leur cas ou l’impact de facteurs psycho-sociaux et environnementaux (isolement social du patient, conditionnements de logement, éloignement géographique). Le Figaro-économie cite l’exemple d’une vieille dame souffrant de la maladie d’Alzheimer, qui, parce qu’elle habite loin de sa famille et de l’hôpital ne pourra pas être renvoyée le soir même chez elle.

John Sutton

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