Fin de vie des personnes âgées : un rapport accablant

"Un véritable naufrage so­cial" : voila ce que pourrait être le sort des personnes âgées, si rien n’est fait pour améliorer la situation, conclut un rapport accablant de l’Observatoire national de la fin de vie (ONFV), remis à la ministre de la Santé et à la ministre en charge de l’Autonomie (www.onfv.org), rapporte La Croix (page 9).

"On est devenu pas grand-chose : une table, un pot. On n’est plus vivant quoi, on est un morceau de bois", confie, au Figaro (page 8), une pensionnaire de maison de retraite de 97 ans. Elle souffre apparemment de dépression comme 40 % des personnes âgées en institution. Avoir le sentiment d’être inutile : la première "mort" des personnes âgées est "une mort par exclusion de la "vraie vie", celle des gens qui bougent, qui vont vite, qui travaillent", souligne l’étude de l’ONFV.

Quelques chiffres suffisent pour mesurer l’ampleur du défi posé aux pouvoirs publics et à toute la société : "toutes les quarante minutes, une personne âgée meurt aux urgences, soit 13.000 décès chaque année", dans un lieu qui devrait être dédié aux cas médicaux aigus et non aux fins de vie prévisibles, souligne La Croix. Ces transferts, souvent injustifiés d’un point de vue médical, pourraient être évités selon le rapport. "La simple présence d’une infirmière de nuit en Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes dépendantes) permettrait d’éviter 18.000 de ces hospitalisations par an", estime l’Obser­vatoire de la fin de vie, cité dans Le Figaro. D’autre part, un suicide sur trois concerne une personne âgée, soit 3.000 décès par an.

Enfin, estime l’ONFV, les trois-quarts des personnes âgées qui finissent leur vie en Ehpad n’ont pas choisi d’y vivre. Pour cet observatoire, le respect des droits des personnes âgées doit devenir "une priorité" : le droit de choisir son lieu de vie, celui d’arrêter les traitements ou d’exprimer leurs souhaits par avance, en particulier lorsqu’elles sont atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Le rapport propose également la formation des médecins et des professionnels de l’aide à domicile aux situations de fin de vie, ainsi que l’élaboration de recommandations, sous l’égide de la Haute Autorité de santé (HAS), afin d’éviter des hospitalisations dans les derniers jours de vie. Au moment où l’euthanasie focalise l’attention autour d’un projet de loi, "il faut une véritable politique de fin de vie", plaide, dans La Croix, le président de l’ONFV, Régis Aubry.

A lire aussi dans la presse - IVG : suppression de la notion de "détresse"

Les députés ont voté, cette nuit, un amendement socialiste modifiant le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), annonce le site Internet du Parisien/Aujourd’hui (www.leparisien.fr), dont l’édition papier n’a pas paru ce matin. Cet amendement supprime la notion de "détresse" pour une femme souhaitant avorter. Le vote est intervenu après deux heures de débats passionnés, en présence d’une centaine de députés. La gauche a fait bloc pour défendre "un toilettage d’une formulation devenue obsolète" de la loi Veil de 1975.

Une majorité des orateurs de l’UMP, "souvent des membres de l’Entente parlementaire pour la Famille", indique leparisien.fr, a plaidé contre la suppression de "détresse", estimant que cette "modification dogmatique" remettait en cause "l’équilibre" de la loi Veil. Une quinzaine de députés UMP ont souhaité que l’IVG ne soit plus remboursée par la Sécu. Leur proposition a été largement rejetée. Député UMP et médecin, Bernard Debré s’est déclaré "écoeuré" par cette initiative.

John Sutton

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