Favoriser l’emploi des handicapés

La part de travailleurs handicapés au sein des entreprises est loin de répondre aux 6% imposés par la loi. Selon le Monde (page 28), seulement 35% des personnes de 15 à 64 ans reconnues handicapées seraient en effet "en emploi", contre 66% pour l’ensemble de la population.

De fait, leur taux de chômage s’élève à 18%, soit près du double de celui de l’ensemble des personnes en âge de travailler.

Pourtant, souligne le quotidien, 2 millions de personnes en âge de travailler disposent d’une reconnaissance administrative d’un handicap leur permettant de bénéficier de l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés (OETH). Mais en juin 2015, on comptait 468.423 personnes handicapées sans emploi, un chiffre en hausse de 37% depuis 2012.

Certes, admet le quotidien, "les entreprises ont fourni des efforts notables, mais elles atteignent en général difficilement le seuil de 3 à 4% de personnes handicapées au sein de leur effectif". D’où vient cette résistance à l’embauche des entreprises ?

"La faible qualification qui touche à la fois les personnes handicapées de naissance et celles qui le deviennent constitue le principal obstacle à leur insertion (ou réinsertion) professionnelle", souligne Le Monde. D’après les données de juin 2015 communiquées par le ministère du Travail, 75% des demandeurs d’emploi handicapés n’ont pas le bac et seuls 10% ont un niveau bac +2 ou plus.

Les difficultés à suivre une scolarité normale en milieu ordinaire, le manque de moyens humains et financiers ainsi que le défaut d’accessibilité des établissements scolaires ou supérieurs, expliquent en partie le faible nombre de diplômés, et par conséquent le faible nombre de recrutements dans les entreprises. Les a priori de ces dernières vis-à-vis du handicap et les craintes des managers entretiennent par ailleurs le frein à l’embauche.

Il existe néanmoins plusieurs pistes pour favoriser l’insertion professionnelle, assure Le Monde, sur la base d’une récente étude prospective sur l’insertion des travailleurs handicapés en 2025, menée conjointement par l’Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (Adapt), le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et des entreprises. Il faut par exemple "orienter les moyens de la formation continue vers ces publics, favoriser l’alternance et la qualification – et pas seulement l’emploi direct".

Certains secteurs devraient également davantage s’ouvrir à l’emploi, ajoute Anne Baltazar, présidente de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph). Selon cette structure, en effet, "les secteurs qui aujourd’hui les emploient le plus sont ceux de l’industrie, de l’alimentaire, de la comptabilité et de la pharmacie. Les entreprises de publicité, informatiques, juridiques sont celles qui embauchent le moins de personnes handicapées."

A lire aussi – Loi santé : les médecins demandent un moratoire

En raison des attentats qui ont frappé Paris vendredi, les médecins libéraux ont immédiatement suspendu leur grève, destinée à protester contre le projet de loi santé de Marisol Touraine. En premier lieu "pour se mettre au service des citoyens", mais aussi parce que l’état d’urgence décrété par le gouvernement après les événements les a "privés de tout moyen d’expression, le droit de manifester étant suspendu", rapporte Le Parisien/Aujourd’hui (page 20).

Faute de pouvoir exprimer autrement leur opposition, essentiellement axée sur la généralisation du tiers payant, "cinquante syndicats et associations couvrant l’ensemble des 400.000 professionnels de santé libéraux (médecins, infirmiers, dentistes…)" ont adressé lundi à François Hollande une lettre demandant un "moratoire" sur l’examen de ce projet de loi.

L’examen du texte à l’Assemblée était initialement programmé pour lundi, mais en raison de la tenue du Congrès à Versailles, il a, dans un premier temps, été reporté à mardi. Hier, indique Le Parisien/Aujourd’hui, "plusieurs groupes parlementaires ont fait valoir que débattre maintenant de ce sujet sensible n’était pas une bonne idée si on voulait préserver l’esprit de rassemblement qui prévaut depuis le drame". Le texte a par conséquent été retiré de l’ordre du jour.

Une réunion avec des représentants du gouvernement organisée ce matin à l’Assemblée devrait permettre de fixer, avec la conférence des présidents, la nouvelle date du débat "sur cette loi contestée par les professionnels de santé, mais attendue par d’autres acteurs, tels les associations de patients".

Pour les médecins, "il n’y a aucune urgence" à examiner le projet de loi dans cette période de deuil national et d’état d’urgence. Ils réclament donc un "report du débat à l’après-conférence de santé, prévue en février, soit après les régionales, soit peut-être après le départ de la ministre de la Santé…" D’après Le Parisien/Aujourd’hui, le débat du texte pourrait néanmoins commencer jeudi ou vendredi.

En bref

Social

- "Eux ne peuvent pas parler, vous oui." A deux jours de la Journée des droits de l’enfant, l’ONG Innocence en danger lance une campagne audiovisuelle sur Internet visant à rappeler que les mineurs sont les principales victimes d’agressions sexuelles en France. Selon l’Insee 154.000 mineurs (124.000 filles et 30.000 garçons) sont violés ou victimes d’attouchements chaque année, soit plus que les 86.000 viols de femmes adultes recensés. Dans 70% des cas, ces violences sont récurrentes, et pour une victime sur deux elles s’exercent avant l’âge de 11 ans. Les agresseurs sont des proches de l’enfant dans la quasi-totalité des cas et 40% des victimes rapportent une situation d’inceste. Le Parisien/Aujourd’hui page 19.

Santé

- "Se mobiliser contre les bactéries résistantes aux antibiotiques." Selon une étude récente réalisée par l’Institut de veille sanitaire (InVS), 158.000 patients sont infectés par une bactérie multirésistante (BMR) chaque année en France et 12.500 d’entre eux en meurent. Une autre étude réalisée par la Rand Corporation (une organisation américaine à but non lucratif) estime qu’en 2050, si rien n’est fait d’ici là, 10 millions de personnes pourraient mourir annuellement en raison de la résistance aux antibiotiques. Le Monde Science et Médecine page 8.

Et aussi

- Portrait d’Anne-Cécile Ratsimbason styliste de vêtements pour simplifier la vie des malades. La Croix page 28.

Frédéric Lavignette

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