Etienne Caniard : ne pas se « focaliser » sur le tiers payant

Le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, était invité le 31 mars au Grand journal, sur BFM Business, pour réagir à la présentation du projet de loi de santé. Parmi les mesures phares de ce texte figure notamment la mise en place du tiers payant généralisé chez le médecin.

Hier soir, dans Le Grand Journal présenté par Hedwige Chevrillon sur BFM Business, le président de la Mutualité Française a été invité à réagir aux remous provoqués par la loi de santé. Ce texte est examiné depuis hier à l’Assemblée nationale. Parmi ses mesures phares : la généralisation du tiers payant, laquelle suscite toujours l’opposition de certains médecins généralistes.

Pour Etienne Caniard, tant du côté des professionnels de santé que du côté du gouvernement, "on a beaucoup instrumentalisé ce dossier (...) en en faisant le symbole d’une loi qui a focalisé les mécontentements". Ce mécontentement est "un peu étonnant", considère le président de la Mutualité Française, car "il y a aujourd’hui 100.000 professionnels qui le pratiquent déjà". Pour Etienne Caniard, "les médecins qui n’y sont pas favorables le sont pour des raisons idéologiques, qui relèvent probablement d’un malaise plus profond qui n’a rien à voir avec le tiers payant".

Le tiers payant, a-t-il ajouté, est "une mesure simple" qui permet de "lever un des freins au renoncement aux soins". Aujourd’hui, fait valoir Etienne Caniard, plus de 60% des dépenses d’assurance maladie sont réalisées en tiers payant. Pour autant, poursuit Etienne Caniard, sa généralisation, si elle est une "mesure utile", ne doit pas être "l’alpha et l’oméga de la réforme du système de santé, car il y a beaucoup d’autres choses à faire".

Dans son fonctionnement, le tiers payant chez le généraliste sera comparable à une transaction chez un commerçant acceptant la carte bleue : "Vous mettrez votre carte vitale dans le lecteur du médecin, on vérifiera que vos droits de Sécurité sociale et de complémentaire sont ouverts et le médecin aura une garantie de paiement. Il n’aura rien à faire." Alors que certains généralistes considèrent le tiers payant comme une porte d’accès vers une "étatisation de la médecine", Etienne Caniard explique au contraire qu’il s’agit mesure de simplification. "On confond étatisation et système solvabilisé par des financements publics pour le bien-être des médecins et celui des patients."

Alors que les médecins réclament une revalorisation de leurs actes, Etienne Caniard souligne qu’"en 5 ans, la part forfaitaire de leurs revenus est passée de 6% à 11%, donc leurs revenus ont augmenté de façon importante. Et il faut continuer dans cette direction. C’est en cela que la focalisation sur le tiers payant est une erreur puisqu’elle conduit à ne regarder que le paiement à l’acte".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)