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Epinal : indemniser les victimes irradiées

"Il est extrêmement important que les patients reçoivent, dans les meilleurs délais, les indemnisations auxquelles ils ont droit", a déclaré hier Roselyne Bachelot, après avoir reçu les représentants de l'Association vosgienne des surirradiés de l'hôpital d'Epinal (AVSHE).

"Conformément à mon engagement de transparence, je leur ai communiqué toutes les informations en ma possession sur ce drame", a indiqué la ministre de la Santé. Elle a d'ailleurs assuré que des "liens permanents" seraient maintenus avec l'association, par l'intermédiaire du directeur de l'agence régionale de l'hospitalisation de Lorraine, Jean-Yves Grall.

"Enfin, on va s'occuper de nous", a réagi dans L'Humanité (page 11), Philippe Stabler, président de l'AVSHE, Soigné par radiothérapie pour un cancer de la prostate entre février et avril 2006, Philippe Stabler a été informé par courrier, en avril dernier, des risques de surirradiation. Après examen, il apprenait qu'il avait été victime d'une surdose de 8%. Brûlures, saignements, problèmes intestinaux, la liste de ses séquelles est longue.

L'AVSHE, créée début août, regroupe à ce jour une centaine de patients, à l'hôpital Jean-Monnet d'Epinal, victimes de surirradiations. Mais au total, ce sont plus de 4.900 personnes traitées par radiothérapie dans cet établissement qui ont reçu des surdoses, entre 1989 et 2006, à la suite de trois erreurs distinctes.

Vingt-quatre hommes, traités pour un cancer de la prostate, ont ainsi fait l'objet d'un surdosage de l'ordre de 20%, entre mai 2004 et août 2005. Cinq d'entre eux sont décédés. En outre, 400 autres personnes ont été victimes d'une surirradiation de l'ordre de 8% durant un traitement du cancer de la prostate.

Enfin, une troisième erreur a concerné 4.500 patients traités entre 1989 et 2000 pour différents cancers. Le numéro vert (0800.636.636) mis en place par le ministère de la Santé a déjà reçu 1.500 appels en une semaine.

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Evalué par le gouvernement à 12 milliards d'euros, le déficit de la Sécurité sociale pourrait en réalité dépasser les 14 milliards en 2007, si on y ajoute le déficit du régime agricole et le dépassement des dépenses hospitalières, explique Jean de Kervasdoué, ancien directeur des hôpitaux et professeur au Conservatoire national des arts et métiers, dans une tribune libre publiée dans Le Monde (page 20).

Que faire face à cette situation ? "Il faut commencer par expliquer la gravité de la situation" à l'opinion publique, écrit-il. La Suède, qui était le pays le plus dépensier dans les années 1970, a réussi à contrôler ses dépenses de soins. Aujourd'hui, ce pays qui détient le record européen de l'espérance de vie ne consacre "que" 9% de son PIB à ses dépenses de santé, soit 2 points de moins que la France, note-t-il.

Pour maîtriser les dépenses de soins, Jean de Kervasdoué propose de rémunérer au forfait annuel les "cliniciens de première intention" (généralistes, pédiatres, gynécologues, endocrinologues) qui le souhaitent. Pour lui, ce mode de rémunération permet "à la fois d'augmenter la rémunération de ces médecins et de réduire leur prescription".

Cet expert préconise également de contrôler les prescriptions "inadaptées ou anormales" de certains praticiens. Il reste à faire admettre aux Français, tâche qui s'annonce difficile, que la qualité d'une consultation médicale ne se mesure pas à la longueur d'une ordonnance.

En France, 90% des consultations sont suivies d'une prescription de médicaments ou d'examens médicaux, contre 40% aux Pays-Bas. Seuls les Italiens nous dépassent avec un taux de 95% !

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)