Enquête auprès des plus de 70 ans : les personnes âgées aspirent à plus d’autonomie

"Il n'y a pas de nostalgie de la grande famille traditionnelle […]. Les personnes âgées aspirent à être autonomes et libres. C'est une période où on peut être plus indépendant que lorsqu'on a un travail et des enfants", observe François Miquet-Marty, président de l'institut Vivavoice. Cet institut vient de réaliser une enquête auprès des plus de 70 ans pour le groupe Harmonie mutuelle, publiée dans Le Monde (page 10). Loin des clichés associés à l'âge, l'étude démontre un ressenti positif du vieillissement (88%), vécu comme une opportunité pourvu que la santé et les moyens financiers suivent. Près de 90% des personnes interrogées se disent également "bien entourées".

Autre source d'étonnement : la soli­tude est vécue par 51% des sondés comme "la possibilité de s'organiser comme on veut, avec ses horaires" et "ne pas subir les contraintes des autres". Mais l'inconvénient majeur de vivre seul est de "risquer d'avoir un accident sans pouvoir être aidé" (39%). "Moins voir ses proches" arrive en deuxième position (22%). Par ailleurs, 93% des personnes âgées de plus de 70 ans s'estiment bien intégrés dans la société, mais elles ont l'impression d'en faire plus pour les jeunes que l'inverse.

Une écrasante majorité aspire à vivre seuls (93%), mais les clichés sur la vie en maison de retraite ne sont pas confirmés par cette enquête. Plus des trois-quarts des résidents en Ehpad se disent heureux. "Changer les représentations des maisons de retraite serait une bonne chose, estime, dans Le Monde, Laurence Rossignol, secrétaire d'Etat chargée des Personnes âgées et de l'autonomie. Si l'intimité est protégée, ce n'est pas un renoncement, on y retrouve du lien social, alors que le maintien à domicile le plus longtemps possible peut-être compliqué dans la dernière phase." Les plus de 70 ans formulent des demandes précises : "des transports en commun pour aller où je veux", "une vie culturelle plus proche", "plus de commerces dans mon village", "des infirmières dans ma commune".

"On vit de plus en plus vieux, mais l'espérance de vie sans incapacité, soit sans problème de santé qui vienne altérer la vie quotidienne, stagne à 63,5 ans pour les femmes et 61,9 ans pour les hommes", souligne Stéphane Junique, secrétaire général d'Harmonie mu­tuelle, qui était également l'invité hier soir de l'émission "Le téléphone sonne" sur France Inter (Cliquer ici pour réécouter l'émission).

Améliorer la santé, lutter contre la surconsommation de médicaments et prévenir les chutes, qui sont souvent une porte d'entrée dans la dépendance, sont des impératifs, estime Stéphane Junique. Un projet de loi sur l'adaptation de la société au vieillissement sera présenté à la mi-juin en Conseil des ministres, a indiqué Laurence Rossignol, citée dans Le Monde.

 

Une femme sur cinq a changé de méthode contraceptive

"La crise de la pilule a engendré de nouveaux usages chez les 15-24 ans. No­tamment un report vers les pilules de deuxième génération, mais aussi une utilisation accrue du stérilet, du préservatif et d'autres méthodes comme le retrait ou les rapports en dehors des périodes de fécondabilité", explique, dans L'Express (page 54), Nathalie Bajos, directrice de recherche à l'Inserm et coresponsable de l'enquête, publiée hier, sur "la crise de la pilule en France : vers un nouveau modèle contraceptif".

Utilisée par 41% des Françaises, la pi­lule reste toutefois la première méthode de contraception, mais la controverse sur les pilules de 3e et 4e générations a provoqué une désaffection à son égard. Un grand nombre des 25-29 ans ont adopté le stérilet. "La réticence des médecins français à proposer aux femmes jeunes ou sans enfant semble, pour la première fois, avoir diminué, en partie grâce à une demande des femmes elles-mêmes", notent les auteurs de l'enquête, cités dans Le Monde (page 11).

"On assiste aujourd'hui à de nouvelles inégalités d'accès à la contraception qui n'existaient pas avant 2010, constate Nathalie Bajos. La crise économique et la polémique autour des pilules se sont conjuguées." "Le simple fait d'avoir à avancer le prix d'une consultation médicale peut représenter un frein d'accès à une démarche contraceptive pour les femmes en situation les plus précaires", souligne la sociologue.

John Sutton

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