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Emmanuel Macron veut un nouvel Etat-providence

Le président de la République a justifié sa politique sociale au congrès de la Mutualité Française, en déclarant vouloir "bâtir" un nouvel "Etat-providence de la dignité et de l'émancipation", sans dépenses supplémentaires.

Devant le congrès de la Mutualité Française, Emmanuel Macron n'a en rien dévié de sa route, constate Le Monde. "C'est le malentendu que je voudrais lever. J'entendais des commentateurs dire “il va aller devant les mutuelles et faire un grand tournant social”. Mais je n'ai pas l'impression que lorsqu'on redresse l'économie, on soit contre le modèle social", a lancé le président de la République.

"C'est une refondation radicale dont nous avons besoin", a-t-il affirmé, avant de délivrer son diagnostic sur le système de protection sociale français. Un système inefficace, coûteux et injuste, selon lui. "Tous les jours, nombre de nos concitoyens constatent que l'universalité [des droits] est mitée d'exceptions, de disparités, d'impasses, des situations où les droits promis ne sont pas des droits réels", a fait valoir le chef de l'Etat.

"Nous vivons dans un pays où la promesse républicaine est souvent déçue car nous avons maintenu les droits formels qui souvent n'existent que sur le papier, c'est ça l'indignation française contemporaine. Pourtant, nous consacrons toujours davantage de notre richesse à la protection sociale", a affirmé Emmanuel Macron, cité dans Le Monde.

Faisant appel à l'esprit du Conseil national de la Résistance (CNR), qui a créé la Sécurité sociale à la Libération, le président de la République veut "bâtir" un nouvel "Etat-providence de la dignité et de l'émancipation" par une "révolution profonde qui redonne aux Français leurs droits". Une révolution, a-t-il tenu à préciser, qui se fera sans dépenses supplémentaires.

"Il ne faut pas considérer qu'il y aurait d'un côté ceux qui croient dans la transformation sociale et qui aligneraient les lignes de crédit et ceux qui n'y croient pas et qui seraient forcément pour réduire les dépenses. Mauvaise nouvelle : les dépenses sociales, vous les payez, nous les payons", a déclaré le chef de l'Etat.

"L'exécutif a-t-il raison de se croire suivi sur ce terrain ?", interroge Libération. Un sondage, réalisé par Viavoice pour le quotidien, montre que 78% des personnes interrogées sont favorables à une simplification du système de redistribution. Pour les deux-tiers des Français, la solution passerait par un regroupement des différentes aides sociales "au sein d'une allocation unique". "Cela tombe bien : la mesure devrait figurer au programme du "plan pauvreté", commente Libération.

Pour Emmanuel Macron, "il nous faut sortir d'une logique de guichet pour une logique d'accompagnement" vers le travail, rapporte Le Monde. Dans cette perspective, le chef de l'Etat estime qu'il faut faire exactement l'inverse de ce qui a été fait pour le RSA dont les dépenses ont depuis dix ans "augmenté de 80%", quand les dépenses d'accompagnement pour ses allocataires ont chuté de 40%. "On a créé un système qui, pour ce qui est de l'Etat, s'est déshumanisé", a-t-il conclu, et "qui ne permet pas de s'en sortir" puisque la moitié des bénéficiaires du RSA le sont depuis plus de quatre ans.

Le président de la République devrait aborder ces points lors de son discours devant le Congrès, qui devrait réunir les parlementaires des deux assemblées à Versailles, le 9 juillet. "Mais il faudra attendre l'été, et les arbitrages budgétaires qui accompagneront le projet de loi de finances et le PLFSS pour 2019 pour en savoir plus sur ses intentions réelles", conclut Le Monde.

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John Sutton

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