Economie sociale et solidaire : les priorités du Haut Commissaire

Christophe Itier, Haut Commissaire à l'Economie sociale et solidaire, souhaite "promouvoir la collaboration entre les associations et les entreprises" et "ouvrir la réflexion sur l’investissement à impact social".

"Il y a un vrai intérêt, chez le président de la République, pour l’économie sociale et solidaire et les valeurs qu’elle porte. Nous sommes d’ailleurs nombreux, venus de ce secteur, à l’avoir épaulé pendant la campagne électorale", assure Christophe Itier, Haut Commissaire à l'ESS, dans un entretien à La Croix.

Nommé le 6 septembre 2017 à ce poste, Christophe Itier connait bien l'ESS. Il est directeur général de la Sauvegarde du Nord, une association qui compte 1.500 salariés et accompagne 37.000 personnes en difficulté. Il a également présidé le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves).

Interrogé sur l’inquiétude des associations face à la baisse du nombre de contrats aidés, il se déclare "conscient de l’émotion qu’a suscitée cette annonce". "Nous devons être plus précis sur sa mise en œuvre, car derrière le terme générique de "contrats aidés", il existe plusieurs types de contrats, de statuts, de publics concernés… Tous ne se valent pas", explique-t-il.

"C’est tout le problème lorsqu’on veut réformer, ajoute-t-il. Si on ne fixe pas un objectif (…), on ne fait rien. Or, nous avons un besoin urgent de réformer ce dispositif, notamment, disons-le, en raison des contraintes budgétaires. Maintenant, il faut surtout aider les associations à sortir de cette précarité."

Comment faire ?, interroge La Croix. Pour Christophe Itier, il faut agir sur trois leviers. "D’abord, redonner de l’autonomie de gestion aux associations. Deuxièmement, raccourcir les délais de règlement des subventions (…). Enfin, il faut trouver d’autres sources de financement, développer les politiques philanthropiques, rendre plus efficace le mécénat."

Le Haut Commissaire veut aussi ouvrir la réflexion sur l’investissement à impact social, promouvoir la collaboration entre les associations et les entreprises, en encourageant par exemple la constitution de "joint-ventures sociales".

Il se fixe pour mission de "faire reconnaître le secteur dans toutes les politiques de croissance et d’emploi". "C’est un travail de fond à mener auprès des administrations, notamment de Bercy, estime-t-il. C’est pourquoi le poste de Haut Commissaire est interministériel et me donne autorité sur toutes les administrations concernées. Mais les acteurs de l’économie sociale et solidaire doivent aussi prendre leur part à ce travail, en ayant une parole plus forte et mieux organisée, de façon à davantage peser dans les décisions."

Christophe Iter constate que "les structures de l’ESS ont longtemps vécu dans un environnement relativement protégé. Maintenant que les choses sont plus dures, elles doivent aussi se réinventer". "C’est la seule façon de répondre aux grandes mutations de la société, comme l’autonomie, l’insertion professionnelle et sociale et le vieillissement", conclut-il.

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John Sutton

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