Docétaxel : un générique anticancer impliqué dans la mort de cinq patientes

Alertée en août 2016, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) mène une enquête depuis la mort de cinq patientes traitées pour un cancer du sein. Un traitement générique du Taxotère (docétaxel) est mis en cause.

Quelque peu contrainte par l'article publié le 15 février 2017 par Le Figaro, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a confirmé l'information : plusieurs patientes sont mortes alors qu'elles étaient traitées avec du docétaxel, un médicament générique utilisé après intervention chirurgicale, à un stade précoce du cancer du sein.

Alors que le Figaro évoquait hier le nombre de 6 personnes décédées, l'ANSM indique avoir été informée "de la survenue de 6 cas d’entérocolites sur terrain neutropénique, dont 5 ayant conduit au décès, chez des patientes traitées par docétaxel", rapporte le site de France Info.

Ces décès sont intervenus sur des femmes âgées de 46 à 73 ans, ajoute-t-elle. Une enquête a été lancée en septembre 2016. Ses résultats doivent être présentés le 28 mars au Comité technique de pharmacovigilance, poursuit France Info.

Le Figaro dispose d'ores et déjà de certains éléments. Selon le quotidien, trois des patientes, qui n'étaient "ni âgées, ni fragiles", seraient "décédées entre avril et début août 2016 à Gustave-Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne), deux à Rennes et une à l’Institut Curie (Paris)".

Le Taxotère, qui est le générique d'un princeps de Sanofi, vise à compléter la thérapie principale "pour prévenir un risque de récidive locale ou de métastases". Cette molécule n'est pas réservée aux cancers du sein. Elle est également utilisée en traitement du cancer de la prostate, ou des cancers gastriques ou des voies aéro-digestives supérieures, précise l'ANSM.

Alertée au mois d'août 2016 de la survenue de chocs septiques sur entérocolite (inflammation de la muqueuse de l'estomac et de l'intestin) après administration de docétaxel, l'ANSM a rapidement identifié le générique fabriqué par l’indien Accord, une filiale d’Intas Pharmaceuticals LTD, comme le possible fauteur de trouble, et cela, sur plusieurs lots.

À la suite de ces décès, "Gustave-Roussy décide donc, dès août, de ne plus donner ce médicament et de le remplacer par un autre", note Le Figaro.

Du côté du laboratoire, contacté par le quotidien, on estime que "tous les médicaments ont des effets indésirables" et qu'"il n’y a rien de particulier" à signaler sur ce traitement adjuvant. "Il n’y a aucun problème. Le nombre de décès éventuellement rapporté au global en France est tout à fait dans les normes. […] Ce n’est pas un problème de molécule, mais il va falloir exclure une partie de la population", susceptible de ne pas tolérer le docétaxel.

Pour sa part, l'ANSM a envoyé mercredi une lettre aux professionnels de santé, leur rappelant qu'il existe des alternatives au docétaxel et leur précisant qu' "aucune recommandation n’est formulée à date en l’absence d’éléments complémentaires d’investigation."

 

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Frédéric Lavignette

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