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Dialyse à domicile : une voie d’avenir

Même si elle garantit un accroissement de survie au patient qui souffre des reins, observe un collectif de chercheurs dans une tribune du Monde, la dialyse est "une prison qui met la vie en suspens malgré les espoirs qu'elle a fait naître et les moyens considérables qui lui sont consacrés". En France, les 43.000 personnes qui sont sous dialyse ne peuvent être guéries par ce procédé, seulement être maintenues en vie.

La dialyse, explique le quotidien, est un traitement qui empêche l'organisme du patient dont les reins ne fonctionnent pas de s'empoisonner. "Il doit être répété tous les deux jours et dure entre quatre et cinq heures. Avec les temps de transport, d'attente, de récupération, un tiers de l'existence est ainsi amputé."

Après une séance, le patient accuse le coup, physiquement et mentalement. Son alimentation est également surveillée, il ne peut boire avec excès. Sa vie entière dépend de ce substitut rénal qui le limite, entre autres, dans ses projets de voyages, dans la mesure où il ne peut séjourner trop loin d'un centre. Seule une greffe préemptive de reins serait une alternative, mais cela ne concerne que 3% des patients.

"Bien sûr, écrit Le Monde, de nombreux patients vivent depuis très longtemps en dialyse, avec une qualité de vie satisfaisante. Mais les statistiques sont là : tous âges confondus, cinq ans après avoir commencé le traitement, la moitié des patients sont décédés." En effet, l'espérance de vie d'un homme dialysé à l'âge de 30 ans n'excède pas 47 ans.

En France, précise le quotidien, plus personne n'en meurt car le pays est "doté d'un système de santé généreux et solidaire" : une année de dialyse coûte par exemple 65.000 euros environ, soit 2,8 milliards d'euros par an pour l'ensemble des patients. Un coût beaucoup plus élevé que celui des greffes, sous-pratiquées en France en comparaison à nos voisins européens.

En même temps qu'elle améliore la qualité de vie du patient et lui évite les contraintes du déplacement, la dialyse à domicile permet de faire des économies. Or, elle concerne "moins de 8% des patients dialysés dans notre pays, contre 20% à 30% en Suède, aux Pays-Bas ou au Canada". Des constats déjà relevés par la Cour des comptes il y a six mois. Pour le collectif d'experts, il est désormais nécessaire de développer cette voie.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)