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Dépendance : la Mutualité Française suggère une assurance obligatoire

Invité de France Inter le 3 mars 2018, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, a proposé l'idée d'une assurance obligatoire incluse dans la complémentaire santé pour financer la dépendance.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a entamé la semaine passée une série de consultations avec les acteurs du secteur des personnes âgées. Le but de cette démarche, indique Le Point sur la base d'une dépêche AFP : "Préparer d'ici l'été une série de mesures sur l'accompagnement du vieillissement et la prévention de la perte d'autonomie".

Interrogé à ce sujet, samedi 3 mars 2018, dans l’émission "On n’arrête pas l’éco" sur France Inter, le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, a défendu l'idée d'une assurance obligatoire pour financer la dépendance liée au vieillissement.

Aujourd'hui, a-t-il souligné, plus de 96% des Français disposent d’une complémentaire santé. Par conséquent, "pourquoi ne pas imaginer, à partir d'un âge à définir, pas dès 20 ans (mais) 50, 55, 60 ans, qu'on ajoute quelques euros à cette complémentaire santé pour pouvoir commencer à se protéger pour la dépendance ?".

Pour l'heure, a-t-il indiqué, il ne s'agit que d'une "piste de réflexion que nous avons lancée", mais elle lui semble être la meilleure option. En effet, a-t-il observé, "c'est par la mutualisation la plus large que l'on pourra minorer ou maîtriser le coût de la protection pour tous". Comme le rappelle Sciences et Avenir, cette proposition avait déjà été formulée lors du projet de réforme sur la dépendance initié par Nicolas Sarkozy. Projet finalement abandonné en 2012.

De son côté, relève La Provence, le Conseil d'analyse économique (CAE) avait, lui aussi, en 2016, soumis l'idée d'une "assurance mutualisée obligatoire".

Au micro de France Inter, samedi, Thierry Beaudet a également évoqué la question du reste à charge zéro, la proposition de campagne d'Emmanuel Macron visant à prendre en charge à 100% les frais des prothèses optiques, dentaires, auditives d'ici à 2022.

Selon le président de la Mutualité, ce projet "ne peut pas concerner tous les soins". D'où, la nécessité de "s'accorder sur des paniers de soins maîtrisés" qui, tout en permettant l'égalité et la qualité des soins, ne nuiraient pas à la liberté des Français dans leur choix de prothèses.

De même, a-t-il insisté, il faut "laisser la liberté aux professionnels de santé de proposer des options supplémentaires, des alternatives". Tout comme il faut "laisser la liberté aux mutuelles d'offrir des garanties qui répondent aux attentes de leurs adhérents ou des entreprises".

A ce stade, la question du financement du reste à charge zéro reste entière. D'autant que la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, souhaite que le dispositif se mette en place sans augmentation des cotisations des complémentaires santé. Pour Thierry Beaudet, l'effort doit être partagé.

Afin d’éviter l'effet inflationniste du reste à charge zéro sur les cotisations, Thierry Beaudet plaide pour "un déploiement très progressif" du dispositif. "Progressif, cela veut dire qu'il faudra circonscrire dans un premier temps le périmètre de ce fameux panier reste à charge zéro, afin de voir ses effets avant de l'étendre progressivement." De même, conclut-il, sa mise en place peut s'opérer dans le temps et pas forcément de façon simultanée pour l'optique, le dentaire et l'audioprothèse dès le 1er janvier prochain.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)