croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Dépassements d’honoraires : moins élevés, mais plus nombreux

L'assurance maladie a annoncé hier que le montant moyen des dépassements d'honoraires pratiqués par les médecins en secteur 2 a baissé. Mais le nombre de médecins pratiquant ces dépassements est en hausse.

La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) s'est félicitée hier d'un "recul" du montant moyen des dépassements d'honoraires" des médecins pour la 5e année consécutive. Mais pour Le Monde, "la question des dépassements d'honoraires, souvent sources d'un renoncement aux soins, est toutefois bien loin d'être réglée". Car davantage de médecins s'affranchissent des tarifs de la Sécu.

Conséquence : le montant total des dépassements a atteint, en 2016, le niveau record de 2,66 milliards d'euros (dont 2,45 milliards pour les seuls spécialistes), précise le quotidien.

Pour effectuer son étude, l'assurance maladie a calculé le "taux de dépassement moyen" par médecin. Soit le ratio entre le total de ses dépassements et le total de ses honoraires remboursables. Un mode de calcul contesté par Le Monde. "C'est ce taux, illisible par le commun des assurés", qui affiche une baisse de 3,5 points sur cinq ans : il s'inscrit, en 2016, à 51,9%, contre 55,4% en 2011.

Pour la Cnam, ces bons chiffres sont principalement dus au contrat d'accès aux soins (Cas), mis en place en 2012. Au 14 novembre 2017, 14.781 médecins, soit plus de 42% des praticiens éligibles, ont adhéré à l'Optam, dispositif plus souple qui a succédé au Cas en 2016. Selon l'assurance maladie, ce dispositif a permis d'éviter entre 150 et 350 millions d'euros de dépassements d'honoraires.

Depuis plusieurs années, le bilan de l'assurance maladie sur la question des dépassements est régulièrement contesté par les associations de consommations ou de patients. "Leurs chiffres sont choisis habilement et sont en contradiction avec ce que vivent les usagers", estime, dans Le Monde, Mathieu Escot, responsable des études à l'UFC-Que choisir.

"Ce qui nous inquiète, ce ne sont pas les quelques médecins qui font des dépassements à 400%, mais le fait que chaque année il devient plus compliqué de trouver des médecins à secteur 1", ajoute-t-il.

Pour plafonner ces dépassements, la Cour des comptes propose, dans son rapport sur l'avenir de l'assurance maladie présenté hier, de déconventionner les praticiens qui s'y refuseraient, indique Le Figaro. "Nous ne partageons pas la recommandation de la Cour sur l'introduction généralisée de règles de conventionnement sélectif", ont déclaré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et celui des Comptes publics, Gérald Darmanin, souligne Le Figaro.

A lire aussi dans la presse

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)