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Dentistes : le rapport à charge de la Cour des comptes

La Cour des comptes dresse un constat accablant sur les soins bucco-dentaires, dans un rapport provisoire dévoilé par Le Figaro-économie. Pour les magistrats, ce secteur illustre la "faillite des politiques publiques face aux professionnels". Ce "désengagement" des pouvoirs publics, le "manque de transparence du secteur", ainsi que "l'indigence des contrôles de la profession" expliquent l'état de santé bucco-dentaire "médiocre" de la population, selon la Cour. Comme le souligne Le Figaro-économie, 20% de nos concitoyens renoncent à consulter en raison des dépassements d'honoraires, en hausse ces dernières années. La Cour appelle donc à "réformer profondément l'organisation des soins bucco-dentaires".

"La version finalisée du rapport, incluant la réponse du ministère de la Santé et des institutions, devrait être publiée en septembre. Au même moment, les syndicats de chirurgiens-dentistes, les complémentaires santé et l'assurance maladie se retrouveront pour négocier les futurs tarifs du secteur", indique le quotidien.

Selon la Cour des comptes, les conventions successives signées entre la Sécu et la profession se résument à un "jeu de dupes". "Les engagements pris par la profession n'ont en effet jamais été à la hauteur des efforts consentis par l'assurance maladie. Ils n'ont par ailleurs pas été respectés", déplore-t-elle. Malgré trois hausses de tarifs accordées depuis 2006 aux chirurgiens-dentistes – pour un coût de 160 millions euros par an – la Sécu n'a pas atteint son objectif de contenir l'envolée des dépassements d'honoraires.

Pour les professionnels de santé, ces revalorisations ont été insuffisantes, "ce qui  les a poussés à augmenter une partie libre de leurs tarifs", constate Le Figaro. Aujourd'hui, les dépassements d'honoraires représentent plus de la moitié de leurs revenus. Actuellement, le régime obligatoire rembourse 33% des 10,6 milliards d'euros de dépenses bucco-dentaires, et les complémentaires environ 39%.

La Cour propose que l'assurance maladie laisse aux seules complémentaires le remboursement des soins lourds (prothèses dentaires, etc.). Elle pourrait en contrepartie concentrer ses moyens sur les actes plus légers de prévention et d'entretien. "Il n'est pas sûr que les complémentaires santé acceptent ce lourd transfert de charges", commente le quotidien.

Autre préconisation : développer les réseaux de soins. Ces derniers proposent des tarifs de 10% à 15% moins cher. Mais ils font l'objet d'attaques régulières de la part de l'Ordre des chirurgiens-dentistes et des syndicats professionnels. Ces attaques persistent, malgré les avis favorables de l'Autorité de la concurrence sur ces réseaux.

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John Sutton

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