Décès de nourrissons : suspicion sur des poches alimentaires

"Tout est mis en œuvre pour identifier la cause du décès "de trois nourrissons, début décembre, à l’hôpital de Chambéry (Savoie). Les nouveaux-nés pourraient avoir été contaminés par des poches alimentaires, a indiqué hier la ministre de la Santé lors d’une conférence de presse dans cet établissement. Marisol Touraine s’est cependant refusée à donner le nom du laboratoire ayant fabriqué ces poches utilisées dans les hôpitaux pour nourrir les bébés prématurés ou malades, indique Le Parisien/ Aujourd’hui (page 18). "C’est toute la chaîne, depuis la fabrication jusqu’à l’administration du contenu des poches, qui aujourd’hui fait l’objet d’enquêtes multiples", a expliqué la ministre, citée dans Libération (page 11).

Les trois bébés, dont deux prématurés, étaient hospitalisés dans le service de réanimation néonatale et sont décédés les 6, 7 et 12 décembre, après une dégradation brutale de leur état général, précise Libération. Un quatrième nourrisson, qui présentait des symptômes identiques a pu être sauvé in extremis. Les poches suspectées sont analysées par l’institut Pasteur et l’agence régionale de santé (ARS) de Lyon. Les résultats seront connus dans les jours prochains. Le Dr Olivier Rogeaux, infectiologue à l’hôpital de Chambéry, a affirmé hier que, dans une poche analysée, "une bactérie avait été découverte. L’enquête dira si elle peut être à l’origine du décès", rapporte Le Parisien/Aujourd’hui.

Le cas de l’établissement savoyard, "où l’équipe et le service de néonatologie sont excellents", est "rarissime", selon le Pr Pierre-Henri Jarreau, qui dirige celui de l’hôpital Cochin-Port-Royal, à Paris. "Avant que les règles de surveillance se soient imposées, c’est-à-dire il y a plus de vingt ans, il y a eu des contaminations, (…) mais récemment, non", témoigne-t-il dans Libération.

Durant sa visite à  Chambéry, la ministre de la Santé a rencontré les familles des victimes, qui ont toutes porté plainte pour homicide involontaire contre l’hôpital. Elle s’est aussi entretenue avec le personnel du service de réanimation néonatale.

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"Nous ne devons pas, et ce n’est pas la politique du gouvernement, aller vers la réduction de la prise en charge, la multiplication des forfaits et des déremboursements", a assuré la ministre de la Santé, samedi sur Europe 1. "C’est ce qu’a fait le gouvernement précédent et on voit que ça n’a pas servi à grande chose (…) puisque le déficit a continué à se creuser", a-t-elle ajouté.

Marisol Touraine a rappelé les "priorités "du gouvernement pour "mieux soigner tout en dépensant moins ": renforcer la part des médicaments génériques ; inciter, dans la mesure du possible, les patients à aller chez un médecin de proximité plutôt qu’à l’hôpital ; développer la chirurgie ambulatoire.

En outre, la ministre de la Santé a qualifié l’assurance maladie de "chance extraordinaire "pour la France, qui a permis des avancées en termes de santé. Elle se refuse d’adopter un discours fataliste qui présenterait " la Sécurité sociale, l’assurance maladie, comme un bateau ivre, qui serait condamné au déficit et à être un fardeau pour notre population", a-t-elle conclu.

John Sutton

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