Consultation à 25 euros : les généralistes passent en force

La consultation chez le généraliste à 25 euros au lieu de 23 ? C'est le tarif que MG France demande à ses adhérents de pratiquer. Opposé au projet de loi santé, expliquent Les Echos (page 5), ce syndicat majoritaire chez les généralistes participera également au mouvement de fermeture des cabinets mardi prochain, pour la journée baptisée "Santé morte".

La date n'a pas été choisie au hasard, souligne Le Parisien/Aujourd'hui (page 11), qui rappelle que c'est le "jour de l'arrivée en séance plénière de la très controversée loi de santé".

Fortement "symbolique", souligne le quotidien, l'alignement du prix de la consultation des généralistes sur celui des spécialistes "prend effet aujourd'hui pour une durée indéterminée". En consé­quence, "les patients vont donc devoir payer de leur poche 2 euros, sauf si leur complémentaire prend en charge ce dépassement". D'ordinaire, les prises en charge par les complémentaires s'exercent pour les médecins de secteur 2, explique le docteur Claude Leicher, président de MG France : "Je ne vois pas pourquoi elles ne rembourseraient pas les dépassements de secteur 1."

Hier, dans Les Echos, le directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), Nicolas Revel, annonçait la tenue de discussions sur l'augmentation du tarif de la consultation lors de la négociation de la prochaine convention médicale. Mais cette "porte ou­verte" ne semble pas suffire à apaiser la colère des médecins : "On a assez attendu, estime Claude Leicher. Lors de notre appel à fermer les cabinets le 2 octobre dernier, nous avions dit que c'était pour deux raisons : la loi de santé et les moyens d'exercice. Rien n'a avancé."

De surcroît, indique le représentant du syndicat, « M. Revel parle d'une nouvelle convention en 2016, mais il omet de préciser qu'il faut neuf mois pour la mettre en route. Si la discussion s'ouvre après février 2016, ça signifiera que François Hollande aura été le premier président de la République à imposer la diète quinquennale aux médecins".

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Le ralentissement du déficit de la Sécurité sociale réjouit le gouvernement. Mardi, le secrétaire d'Etat au budget, Christain Eckert, a indiqué que les chiffres présentés la semaine dernière constituaient le "meilleur résultat atteint depuis 2008". En 2014, rappelle en effet Le Monde (page 11), "le déficit de la Sécurité sociale s'est élevé à 9,7 milliards d'euros, soit 2 milliards de moins que prévu. L'année précédente, il était nettement supérieur : 12,5 milliards".

Cette amélioration concerne les quatre branches de la Sécurité sociale, observe le quotidien. Assurance maladie, vieil­lesse, famille, et accidents du travail-maladies professionnelles  (AT-MP) sont parvenues à améliorer leurs comptes, tandis que le Fonds de solidarité vieillesse (FSV) a vu sa situation se dégrader. Si l'on tient compte de ce dernier, le déséquilibre recettes-dépenses pour 2014 se monte à 13,2 milliards d'euros.

Plusieurs facteurs permettent d'expliquer ces signes de redressement. Selon le rapporteur général de la commission des Affaires sociales, le sénateur Jean-Marie Vanlerenberghe (UDI-U, Pas-de-Calais), ils sont le fait de recettes qui se sont "bien tenues" et de dépenses mieux maîtrisées, notamment dans la branche maladie. Une rigueur accrue dans les achats des hôpitaux, un meilleur recours aux génériques et le développement de la chirurgie ambulatoire ont produit leur effet, au même titre que la maîtrise de certains médicaments en particulier dans le traitement de l'hépatite C.

Frédéric Lavignette

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