Confiance accordée à Manuel Valls

Par 306 voix pour, contre 239, les députés ont accordé hier leur confiance à Manuel Valls qui présentait son programme de politique générale à l'Assemblée nationale. En 47 minutes de discours, écrit Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 à 5), "le nouveau Premier ministre a imprimé sa marque (…) et ouvert une nouvelle page du quinquennat".

Pour ce quotidien, son intervention se résume à "des cadeaux pour les entreprises" et à "un geste pour les smicards". Ainsi, le chef du gouvernement a détaillé les grandes lignes du pacte de responsabilité, confirmant une réduction du coût du travail de 30 milliards d'euros, mais non plus d'ici à 2017, mais 2016.

"Au maintien, attendu, du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), qui prévoit déjà 20 milliards d'euros de baisses de charges, s'ajoutera dès 2015 une suppression totale des cotisations patronales payées sur un Smic et une modification du barème des allégements qui existent déjà entre 1 et 1,6 Smic", écrit La Croix (pages 2 et 3). En d'autres termes, le coût du travail sur les bas salaires diminuera de 4,5 milliards dès l'année prochaine.

Dans le même mouvement favorable aux entreprises, le Premier ministre "a aussi annoncé un abaissement du taux normal de l'impôt sur les sociétés à 28% d'ici à 2020 avec une “ première étape“ en 2017", indiquent Les Echos (pages 2 à 4). Par ailleurs, Manuel Valls "a confirmé la suppression en trois ans de la C3S (la contribution sociale de solidarité des sociétés) et promis la disparition de dizaines de petites taxes complexes et à faible rendement ».

Pour "répondre au message de colère, d'impatience et d'angoisse exprimé par les Français lors des municipales", Manuel Valls propose des revalorisations de salaire à hauteur de 5 milliards d'euros, "à répartir entre une augmentation déguisée du Smic de 500 euros net par an et d'autres coups de pouce en faveur des salariés qualifiés", note Le Parisien/Aujourd'hui.

Concernant les 50 milliards d'euros d'économies annoncés sur trois ans, le Premier ministre a fourni des indications peu précises, estime Le Figaro (pages 2 à 6). "L'effort sera partagé par tous", a-t-il seulement indiqué : 19 milliards d'euros d'économies seront réalisés par l'Etat, 10 milliards par l'assurance maladie et 10 milliards par les collectivités territoriales. "Le reste viendra d'une plus grande justice, d'une mise en cohérence et d'une meilleure lisibilité de notre système de prestations", a-t-il prévenu.

Très certainement, se doute L'Opinion (pages 1 à 4), les fonctionnaires seront mis à contribution même s'ils n'ont pas été mentionnés dans le discours. En tout cas, "ceux-ci devraient être rapidement fixés sur leur sort, avec le programme de 50 milliards d'économie (empli de trous…) qui sera présenté d'ici la fin du mois". Ce qui sera pour eux une "raison de plus pour manifester contre l'austérité le 12 avril", considère L'Humanité (page 5).

 

Début des négociations pour la coordination des soins

Professionnels de santé libéraux et assurance maladie doivent se retrouver à compter de demain et jusqu'au mois de juillet afin de négocier sur la prise en charge des malades par la médecine de ville. L'objectif de ces rencontres, indique L'Opinion (page 6), "est d'éviter le recours inutile à l'hôpital en travaillant davantage en équipe".

Sources d'économies, désengorgement des services, amélioration de la coordination des soins, confort des patients, voire bénéfices pour leur état de santé... tels sont quelques-uns des objectifs que les médecins, infirmiers, dentistes, kinésithérapeutes se sont promis de favoriser. La négociation visera donc à "inventer des forfaits pour rémunérer ces missions et ainsi les formaliser et les systématiser", écrit le quotidien.

Les premiers patients concernés sont les malades chroniques (diabète, hypertension, cancer, asthme, maladies neuro-dégénératives...) et les personnes âgées atteintes de plusieurs pathologies. Généralement, ces patients arrivent à l'hôpital "par défaut, faute de solutions en ville". L'enjeu est donc de passer d'une compétition entre les différents professionnels de santé à la complémentarité des tâches.

De cette coordination des interventions, déclare Jean-François Rey, président de l'Union nationale des professionnels de santé (UNPS), "il y a beaucoup à gagner sur les actes inutiles ou redondants, par exemple les radios ou les analyses prescrites deux fois simplement parce que nous ne savons pas que quelqu'un d'autre les a demandés. A l'inverse, il peut arriver que l'on oublie des actes de prévention parce que chacun imagine que son confrère y a pensé".

Frédéric Lavignette

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