Complémentaires aux seniors : le refus de la Mutualité Française

C'est un "refus catégorique" que la Mutualité Française oppose au projet de décret portant sur la labellisation des futurs contrats de complémentaires santé à destination des personnes âgées de plus de 65 ans, indique L'Argus de l'assurance. Cette décision a été prise "à l'unanimité" du bureau, précise le journal.

Pour le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, les critères envisagés sont "déconnectés des besoins des assurés" et ne leur laissent "aucune marge de manœuvre". Le projet fixe trois paniers de soins avec un niveau de garanties et de prix encadrés, rappelle-t-on.

Pour la Mutualité Française, les labels "prévoient de couvrir l'orthodontie, dont les seniors n'ont, selon elle, pas besoin, contrairement à l'implantologie, absente de ce nouveau cadre de couverture santé des seniors", indique L'Argus de l'assurance.

Par ailleurs, estime Thierry Beaudet, la viabilité économique des futurs contrats est des plus incertaines. "Les mutuelles sollicitées considèrent unanimement que les prix actuellement fixés sont en déconnexion avec le coût des garanties prévues", déclare-t-il.

L'avis de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) sur ce décret est lui aussi des plus réservés, rappelle la Mutualité Française dans un communiqué de presse publié le 20 juillet. Pour cette autorité, "ces labels pourraient mettre en péril l’équilibre économique des acteurs mutualistes – dont les marges sont inférieures à 1% –, alors que la couverture des seniors représente plus de 40% du chiffre d’affaires des mutuelles en individuel".

Compte tenu de l'ensemble de ces motifs, écrit L'Argus de l'assurance, la Mutualité Française demande aux pouvoirs publics de "renoncer à l’actuel projet".

A lire aussi dans la presse

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)